ÉZKCUIEL, XLIII
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qu'un mur entre moi et eux* ! » La conclusion à tirer de ce passage s'impose à l'esprit : le palais était contigu au temple elles tombes royales n'en étaient guère plus éloignées. On arrive au même résultat en étudiant le récit que présente Néhémie de la reconstruction des murs de Jérusalem, après le retour de la captivité ; il donne les noms de ceux qui ont refait les différentes portions de Tenceinte; Tun d'eux Ta rebâtie « jusqu'en face des tombeaux de David * ». Or de ce qui précède il ressort clairement que la partie de murailles ainsi désignée est toute proche de ce jardin duroi({\xe l'on s'accorde à placer au-dessous de la piscine de Siloé, qui elle-même est mentionnée par son nom. Au-dessus de ce réservoir, la crête d'Ophel se termine par un escarpement du roc, qui a environ 15 mètres de haut. C'est dans ces parages, cachée sous les débris du mur d'Ophel et sous quelques pieds de terre végétale, que l'on doit chercher et que l'on retrouvera peut-être un jour l'entrée des sépultures royales.
Nous avons eu à parler plus d'une fois des nécropoles situées au nord et à l'est de Jérusalem, et nous en supposons une autre, unique en son genre et d'une importance exceptionnelle, vers l'extrémité méridionale d'Ophel. Il y en avait encore une au sud de la ville, dans cette vallée de Hinnom dont le nom est souvent mentionné à propos des pratiques idolâtriques qui s'y célébraient, des enfants que l'on y
\, Nous suivons ici la version de Segond. Abusé par les idées traditionnelles sur la place qu'occupait la cité de David, Reuss se refuse à voir dans le passage d'Ézéchiel une allusion aux tombes royales. Le sens du passage est cependant bien clair, et Smend ne s*y trompe pas {Ezeckiel erkldrt, p. 352).
2. Néhêmie, III, 46, passage dont on peut rapprocher les indications données dans un autre chapitre du même livre (xii, 37) sur la marche d'une procession. Bmca a étudié avec beaucoup de soin ces deux textes (The acpulchres of David and of the Kings of Judah, dans les Quarterly statements, 1877, pp. 491-205. Cf. du même, dans le même recueil, les notes intitulées : The tomb of David, 1879, p. 172-176. The tomb of David, Zion and Joaephus, 1880, p. 167-170; The city and tomb of David, 1881, p. 9i-97: It is required to find the entrance to the tomb of David, 95-100. Conder n'a jamais voulu accepter l'opinion deBirch; il Ta contredite dans les articles suivants : Nehemiah's waîl and David's tomb, 1879, p. 176-179; Notes on disputed points, 1880, p. 228-231). Après avoir montré de quel point part Néhémie dans sa description des travaux et quelle direction il suit, Birch arrive à la conclusion que nous avons adoptée: il montre comment elle s'accorde avec toutes les données topographiques. Nous ne citerons qu'un exemple de ces concordances. Néhémie, dans la revue qu'il passe, vient de l'ouest et se dirige vers le sud et l'est; orcomment définit-il la tâche assignée à l'entrepreneur qu'il mentionne avant celui qui travaille « en face des tombeaux de David »? « Shallun, dit-il, fit le mur de l'étang de Siloé, près du jardin du roi, jusqu'aux degrés qui descendent de la cité de David.» Ces degrés, on peut les reconnaître dans ceux que l'on voit encore, taillés dans le roc, à la pointe méridionale d^Ophel, au-dessus de la piscine (Recovery, p. 280). Ils servaient aux habitants de ce quartier qui descendaient au réservoir et en remontaient avec leurs cruches pleines.
LA JUDEE.
faisait passer par le feu en Thonneiir de Moloch*.Saulcy prétend attribuer une haute antiquité à la plupart des tombes creusées dans le mur de roc qui forme le versant sud de ce ravin*; il n'est pas impossible que quelques-uns de ces caveaux remontent jusqu'au temps des rois de Juda; il y en a en effet de très simples, où une porte carrée, d'ordinaire assez basse, donne accès dans une chambre sépulcrale, qui contient un ou plusieurs fours à cercueil ; mais il est difficile d'assigner une date à ceux de ces hypogées qui ne se signalent par aucun de ces éléments décoratifs, et Ih où il y a des ornements, ceux-ci n'appartiennent pas, comme la corniche du monolithe de Siloam, à l'art purement
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\i):\. — Tombe (le la vallée de Ilinuom. De Saulcy, Voyage autour de ia mrr Morte,
Atlas, pi. xLiii.
oriental. Ainsi, dans plusieurs de ces monuments, la porte est entourée d'une moulure qui, formée de deux ou trois listels d'une saillie plus ou moins franche, dessine à son sommet une double crossette (fig. 193): mais il y a de ces tombes où ce genre de porte est surmonté du fronton triangulaire emprunté à la Grèce ^; la porte à crossettes, avec ce fronton, se retrouve d'ailleurs dans un de ces monuments funéraires des environs de Jérusalem qui ne peuvent être antérieurs aux Séleucides, dans celui que Ton appelle le Tombeau des Juges*. Dans un des sépul-
\. llRoiSy xxiii, iO.
2. De Saulcy, Voyage autour de lamer Morte, t. U, pp. 3i3-324, et Atlas, pi. xuii, xiiv et XLV. Gazette archéologique, i880, p. 489-^90 et pi. xxxi.
3. De Saulcy, Atlas, pi. xuir, fig. 2. Gazette, 1880, pi. 31.
4. De Saulcy, Voyage autour de la mer Morte, Atlas, pi. xxxiv. On rencontre aussi la crossette dans les portes de ces synagogues de la Galilée qui ne sont guère antérieures au commencement de notre ère, ainsi dans celle de Kefr-hirim (Palestine exploration Ma. The survcy. Memnira, t. 1, p. 232).
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cres de la vallée de Hinnom, dans celui qui est connu sous le nom de Retraite des apôtres, il y a une frise divisée en métopes par des triglyphes ou plutôt par des diglyphes sous lesquels sont ciselées les gouttes classiques*. Dans cette frise et dans l'intérieur de Tune de ces tombes, on trouve, traitée dans le même esprit qu'aux Qbotir-el-'Molouk et que sur les monnaies des dynasties asmonéennes et iduméennes, cette décoration Végétale que nous avons signalée comme caractéristique des monuments postérieurs au triomphe de cette rigoureuse ortliodoxie qui proscrit les images.
Si nous n'insistons pas davantage sur la tombe juive, c'est qu'elle manque d'originalité. Elle a commencé par être souterraine, comme à peu près chez tous les peuples, chez tous ceux qui ont à leur portée une roche assez tendre pour être facile à tailler, assez compacte pour ne pas écraser en s'éboulant le dépôt qu'on lui confie ; mais en Judée elle est restée, jusqu'à la chute de Jérusalem, un simple caveau, caché dans le flanc de la colline, tandis qu'ailleurs la tombe bâtie s'est substituée à la tombe excavée dans le roc ou que du moins à cette dernière s'est ajoutée et superposée une partie construite. Le principe des dispositions intérieures de la sépulture parait avoir été emprunté à la Phénicie ; mais nous n'avons aucune raison de croire que l'on ait eu l'habitude de signaler aux regards l'emplacement de la chambre funéraire par un de ces monuments extérieurs et saillants dont il subsiste de si beaux exemplaires sur la côte syrienne, en face de l'Ile d'Arad*. On ne saurait rien indiquer, ni dans les textes, ni dans les débris du passé qui ont été retrouvés sur le sol de la Judée, qui nous autorise à supposer que, sur la tombe même des souverains les plus puissants et les plus magnifiques, d'un David ou d'un Salomon, se soit dressé un édicule, une tour ou une pyramide. On se demande même si le pan de roc dans lequel s'ouvrait l'entrée de la nécropole royale avait reçu une décoration quelconque; elles datent d'une époque très postérieure, toutes ces façades des tombes voisines de Jérusalem où le ciseau a taillé dans la roche vive des pilastres, des chapiteaux, des entablements d'une composition compliquée et d'une facture habile. S'il y a eu des ornements sur la devanture du sépulcre de David et de ses héritiers, ce n'a pu être que des moulures très élémentaires analogues à celles du monolithe de Siloam.
La tombe juive d'avant l'exil n'est donc qu'une forme secondaire