I Bow, XIV, 25-29; Il Rois, xiv
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40^ LA JUDEE.
en ruines; sous les successeurs de Salomon, les puissantes fondations sur lesquelles il avait assis son sérail et son harem servirent peut-être de supports à de nouveaux pavillons, moins spacieux et moins richement décorés, que les princes élevèrent, toujours dans la même enceinte, au gré de leur fantaisie. La brève et vague description que renferment les douze premiers versets du chapitre vu des Bois n'aurait donc pas été faite sur l'original; elle représenterait le souvenir que la tradition aurait gardé de l'imposant édifice dont les splendeurs, ces splendeurs qui se ternirent et s'effacèrent si vite, avaient, racontait-on, ébloui les yeux de la reine de Saba.
Quant à la résidence des derniers rois de Juda, à peine y est-il fait quelques rares allusions chez les historiographes et dans le livre de Jérémie * ; aucune d'elles n'éclaire notre curiosité, ne lui fournit de renseignements dont elle puisse tirer parti. Il en est tout autrement du temple : de nombreux textes, auxquels nous avons renvoyé, permettent d'en suivre le développement progressif; détruit par les Chaldéens, il renaît dans la vision d'Ézéchiel, il s'y montre à la postérité sous sa forme idéale, avec tous les agrandissements, avec tous les embellissements qu'y avaient réalisés ou qu'avaient pu projeter les dix ou douze générations qui séparent Salomon de Sédécias. Il y a là tout un supplément d'informations qui manque pour le palais; aussi tout ce que l'on peut espérer, c'est se faire du monument une idée d'ensemble, idée où les détails restent trop indéterminés pour qu'elle comporte une traduction graphique.
Tous les bâtiments du palais étaient compris dans une même enceinte, que le texte appelle la grande cour; celle-ci était limitée de tous côtés par un mur pareil à celui qui entourait la cour intérieure du temple *. A l'est et à l'ouest, ce mur dominait de haut les deux vallées du Cédron et du Tyropœon; la colline était trop étroite pour que tout l'espace disponible n'eût pas été utilisé; plutôt que d'en rien perdre, on s'était certainement préoccupé de l'agrandir au moyen de terrassements du genre de ceux qui servirent à créer l'esplanade du temple.
Le premier monument que l'historiographe place dans cette enceinte, c'est celui qu'il appelle la maison du Liban, ainsi nommée parce que la plus grande partie des matériaux dont elle était faite avait été tirée des forêts de cette montagne ^ ; les fondations et les murs étaient en pierre
i. Jérémie, xxxii, 2; xxxvi, 20-22; xxxviii, W.