‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 242 sur 381 · Histoire de VArt, t. I, pp · texte numérisé non relu

Histoire de VArt, t. I, pp

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sacré aux branches duquel il avait peut-être été emprunté ; c'est le bétyle, qui pourrait bien avoir été à Torigine une réduction, une représentation abrégée de la montagne, dont les rocs en avaient fourni la matière. D'abord simple pierre brute, le bétyle avait donné naissance à ces cippes qui se terminaient en manière de main, de cône ou de pyramidion, cippes auxquels il est fait, dans les livres saints, de si fréquentes allusions; on les y désigne sous le nom de maççébaK Chacune des formes secondaires que leur donnait le ciseau avait vraisemblablement sa signification particulière, son sens symbolique.

On ne devait pourtant pas s'en tenir là ; une fois fixés à demeure dans la Palestine, les Hébreux ne pouvaient manquer de subir l'influence des peuples voisins, qui, arrivés à une période plus avancée de l'évolution religieuse, possédaient des dieux mieux définis et les figuraient sous les traits de l'homme ou de l'animal. La première idée qui vint à l'esprit, ce fut celle de prêter un corps au grand dieu national, à lahvé. Le type qui fut adopté, ce fut celui du taureau, qui était familier aux Chaldéens, aux Égyptiens, aux Phéniciens ; la Chaldée a ses taureaux ailés, l'Egypte a ses Apis et ses Mnévis ; en Phénicie, Baal se manifeste parfois sous la forme du taureau : voyez le mythe, tout oriental, de Zeus et d'Europe. La trace du premier effort tenté dans cette voie pour passer du cippe à l'image, on la retrouve peut-être dans ces cornes de l'autel qui en sont la partie la plus sainte, celle qu'embrassent les suppliants (fig. 206)*; ce serait là comme l'indication sommaire, comme l'ébauche de la figure qui finit par être, pour tout Israël, l'image officielle de lahvé. Le récit de V Exode sur les honneurs rendus au taureau d'or fondu par Aaron présente, il est vrai, cette consécration comme un acte d'idolâtrie; mais il n'en prouve pas moins que, dans le siècle où furent rédigés les livres mosaïques, cette pratique passait, aux yeux mêmes de ceux qui la condamnaient le plus sévèrement, pour remonter à une très haute antiquité ^ Des textes formels attestent qu'au temps de la monarchie des taureaux plaqués d'or et des images recevaient les hommages des fidèles dans plusieurs sanctuaires du royaume

1. Sur toutes ces formes du culte fétichiste que Ton devine dans la Bible, quand on sait la lire en critique, voir Stade, Geschichte, t. I, pp. 449459. Sur tous les sens du mot achéra, voir particulièrement pp. 460-46i. Dans les textes les plus anciens, les verbes qui l'accompagnent toujours sont planter ou couper, terme qui conviennent mieux à une perche ou à un pieu qu'à une idole. Maççéba vient de la racine iaççab, dresser.

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