Exode, XXXII
du nord, àSamarie*, à Bétel* et à Daa^ Des simulacres du même genre, peut-être seulement faits d'une matière moins précieuse, se dressaient dans bien d'autres hauts lieux ; annalistes et prophètes n'ont mentionné que les bâmoth où ce culte se célébrait avec le plus de ^'pompe.
Aucun texte ne nous indique que lahvé ait été adoré à Jérusalem sous la figure d'un taureau; là ce fut l'arche, avec le mystérieux symbole qu'elle cachait aux regards, qui occupa la place d'honneur dans le temple. Cet édifice avait pourtant, lui aussi, son idole en forme d'animal; mais c'était un serpent, et non un taureau qu'elle représentait. Ce simulacre paraît être resté debout dans l'enceinte sacrée et avoir reçu les hommages des gens de Juda, pendant bien des années, sans que sa présence en cet endroit provoquât de protestations. Ce fut Ézéchias qui, vers la fin du huitième siècle, « mit en pièces le serpent d'airain que Moïse avait fait; car jusqu'à cette époque les Israélites lui brûlaient de l'encens, et on l'appelait la figure d'airain* ». Pour expliquer et justifier l'origine de ce culte, on avait la tradition qui a été recueillie dans les Nombres, celle de ce serpent d'airain sur lequel, dans le désert, il suffisait de jeter les yeux pour être guéri de la morsure des reptiles venimeux \ Comme le taureau, le serpent, en tant que symbole, avait été emprunté aux nations étrangères; on y reconnaît tout d'abord VurseuSy cet insigne de la royauté qui se rencontre partout en Egypte et que la Phénicie avait pris à sa voisine *.
Ce taureau des sanctuaires d'Ephraïm, ce serpent qui avait les préférences de Juda, c'étaient des emblèmes de lahvé; à ce titre, ces simulacres étaient l'objet d'un culte qui avait, dans une certaine mesure, un caractère public et national. A Timitation des Chananéens, des Philistins et, surtout après le règne de David, sous l'influence des Phéniciens, la plupart des hauts lieux et le temple même de Jérusalem
i . Osée, viii, 5-6.