DeiUéronome, vu, 5 ; xii
4. C'est ce que donnent à penser les lermes qu'emploient les écrivains hébraïques à propos de ces figures ; les mots sippui, aphuddd, qui reviennent souvent à ce propos dans Isaie, veulent dire applique, couverture. Voir Stade, Geschichte, t. I, p. 467. C'est ce même genre de figures que les Grecs appelaient n£p{-/puaa, TZipiap^upa. Ésaïe (xxx, 22) parle des riches vêtements des idoles.
434 LA JUDEE.
Mica, dont la mère remet deux cents sicles d'argent à un fondeur qui en fil une figure coulée, que Mica plaça dans sa maison ^
Enfin, pour les téraphim communs et à bon marché, on dut employer aussi l'argile, dont la Phénicie faisj^it un si grand usage. On serait tenté de voir une idole juive dans une statuette de terre cuite qui a été trouvée à Gézer, sur la frontière des tribus d'Ephraïm et de Juda (fig. 223^); elle doit représenter une de ces Astartés auxquelles les femmes israélites, malgré toutes les objurgations des prophètes, étaient si dévotes. La figure, appliquée sur un fond, a été estampée au moule; elle est nue, et a les bras croisés sur la poitrine, au-dessous des seins; la télé est surmontée d'une sorte de tiare tourelée, qui rappelle la coiffure de la déesse figurée sur les monnaies de Sidon. li'ensemble du type rappelle la fabrique phénicienne, et cette statuette pourrait bien provenir d'une des villes de la côte.
Un monument d'origine douteuse, ce n'est pas assez pour que l'on puisse dire si la facture des téraphim juifs avait quelque chose de particulier. En tous cas, les images que façonnaient les artisans israélites devaient être moins soignées, d'une exécution plus grossière que celles qui sortaient des terre cuite. atclicrs dc TjT OU dc Sidou. Les détails manquent
complètement sur la marche qu'a pu suivre la plastique dans l'intérieur de la Palestine, chez ce petit peuple qui, comme tous ses voisins, a si longtemps adoré des images; c'est seulement à l'aide de l'analogie que l'on arrive à des conjectures qui ont quelque vraisemblance. De même qu'en Grèce le xoanon s'est dégagé par degrés du tronc d'arbre équarri, chez les Hébreux c'est de Yachéra, du pieu planté près de l'autel que l'on a tiré la première ébauche d'une statue toute rudimenlaire ; on l'a habillé, on y a indiqué grossièrement une tête et les attaches des membres, comme dans certains bétyles phéniciens que représentent les médailles et les stèles votives ^ On est tenté de se demander si Véphod, dont il est question dans plusieurs des plus anciens textes de la Bible, n'était pas un symbole de ce genre, une représenta-
\, JugeSy xviii, 1-5. Voir Exode, xx, 23; xxxii, 4; Nombres, xxxiii, 52.
2. Palestine exploration fund. Snrvey of westeim Palestine. Memoirs, t. U, p. 439. Nous ne pouvons malheureusement que reproduire la très médiocre gravure que Tou^Tagc anglais donne de ce monument. C'est M. Clermont-Ganneau qui a retrouvé le site dc Gézer.