Eicodcy XXIV
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Par lui-même, ce peuple de paysans, qui conservait toujours le souvenir et comme la nostalgie de la vie nomade, n'était arrivé, jus-' qu'au moment où il adopta le régime monarchique, qu'à une industrie tout élémentaire; il était, à cet égard, bien en arrière de ses voisins, des Philistins et des Phéniciens, qui s'étaient formés à l'école de l'Egypte. C'était le cas, notamment, pour tout ce qui concerne les arts du métal, et cette infériorité fut certainement pour beaucoup dans la longue suite de ces défaites qui, jusqu'au moment où g^rut David, semblaient destiner Israël à dçvenir la proie des Philistins. Chez ceuxci, le guerrier paraît avoir eu une armure aussi complète que celle dont s'enveloppait plus tard l'hoplite grec. On prête à Goliath, dans sa lutte contre David, jusqu'à ces jambières de bronze qui sont les cnémides homériques*. D'ailleurs, à prendre les textes qui paraissent avoir conservé le plus fidèlement le souvenir des jours anciens, il semble que les Hébreux, après même qu'ils furent devenus sédentaires, soient restés longtemps encore assez novices dans la pratique de procédés qui supposent une tradition domestique et des secrets de métier. C'est ce qu'indique à sa manière, non peut-être sans quelque exagération, l'auteur du livre de Samuel, quand il raconte la guerre que soutient Israël contre les Philistins. « On ne trouvait pas de forgeron dans tout le pays d'Israël; car les Philistins avaient dit : « Empêchons les Hébreux de fabriquer des épées ou des lances. » Et chaque homme en Israël descendait chez les Philistins pour aiguiser son soc, son hoyau, sa hache et sa bêche, quand le tranchant des bêches, des boyaux, des tridents et des haches était émoussé, ainsi que pour redresser les aiguillons. Il arriva qu'au jour du combat il ne se trouvait ni épée ni lance entre les mains de tout le peuple qui était avec Saûl et Jonathan ; il ne s'en trouvait qu'auprès de Saûl et de Jonathan, son fils*. »
Il est difficile de ne pas voir là une sorte d'hyperbole, destinée à faire comprendre combien Israël était tombé bas vers le commencement du règne de Saiîl. Si les Hébreux n'avaient pas eu chez eux de forgerons, où auraient-ils pris et comment auraient-ils entretenu les armes qui leur servirent à combattre les Chananéens et à les déposséder graduellement? Les ouvriers qui frappaient sur l'enclume n'avaient-ils pas leur ancêtre légendaire, leur patron, comme nous dirions, dans ce
i, I Samuel, xvii, 5-7.