‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 266 sur 381 · Anse d'amphore estampillée · texte numérisé non relu

Anse d'amphore estampillée

{ . The Recovef^y, pp. 473-475.

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taine de la Vierge; il y a donc lieu de croire que ces amphores ont été fabriquées avant l'exil, et, par induction, d'attribuer une aussi haute antiquité aux vases dont les débris ont été retirés des mêmes couches. Les noms qu'on lit sur ces empreintes paraissent être ceux mêmes des potiers de l'atelier desquels sont sortis ces vaisseaux ; c'est à tort qu'on a voulu voir là, dans la seule des légendes dont la lecture soit certaine, un roi ziph^ ou une offrande au dieu Molok*. Le symbole qui a été imprimé sur toutes ces anses et l'élément Molok qui entre dans la composition des deux seuls noms que l'on ait pu déchiffrer, tout cela donne à penser; on se demande si Molokziph et Molokchit étaient bien des Juifs, ou si ce n'étaient pas plutôt des artisans phéniciens établis à Jérusalem. Ce qui empêche de se prononcer, c'est que des noms de ce genre ont pu être portés, sous les rois, par des Juifs attachés à ce culte de Molok qui se célébrait dans la vallée de Hinnom. Quoi qu'il en soit, ces mêmes fouilles ont fourni de nombreux échantillons d'une poterie à décor géométrique qui ne peut guère être que de fabrique phénicienne, tant elle reproduit exactement, et pour la couleur et pour le dessin, les types que nous avons appris à connaître en étudiant la céramique cypriote. Il s'agit ici de vases de luxe, dont la coque est bien plus mince que celle des jarres, des cruches et des amphores de toute cette vaisselle grossière. Dans toutes les pièces qui composent cetle série, la pâte est jaunâtre, et ornée de motifs qui se détachent en brun rouge sur le fond. Le seul fragment qui laisse deviner la forme du vase est la partie supérieure d'une jarre à anse unique (fig. 244). Le col était fermé, comme dans ce que l'on appelle aujourd'hui en Egypte la ^^?///^A, par une sorte de passoire sur la surface de laquelle s'arrêtaient les feuilles ou les herbes, quand on plongeait, pour la remplir, la cruche dans la fontaine. Un autre fragment qui provient, comme le précédent, du Muristatij appartenait à un vase dont le col était bien plus étroit (fig. 245). D'autres débris, dont deux ont été ramassés dans les sondages exécutés en avant de la porte de Barclay, et le troisième à la porte Genneth, ne sont que des tessons (fig. 246, 247, 248) ; si nous les

{, Celte dernière interprétation a été proposée par M. Jolin Baker Greene, Some remarks on tke interprétation of the impressions on the vase handles found at the foot of the temple wall {Palestine exploration fund, Quarlerly statements, pp. 304-3 l-i). Nous suivons ropinion, qui paraît plus vraisemblable, de M. Clermont-Ganneau {Sceaux et cachets israélites, phéniciens et syriens, in-8**, Leroux, J883, pp. H-14). Le lamed d'appartenance, d'après les analogies, se prête mieux à indiquer la fabrique qu'à suggérer l'idée d'une dédicace. L'élément ziph du nom théophore que nous croyons être celui du polier se retrouve isolé, comme nom propre hébraïque, dans I Chroniques, iv, 16.

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LA JUDEE.

reproduisons, c'est pour les dessins qui les ornaient. Or ces motifs, lignes parallèles qui donnent des bandes alternativement claires et foncées,

lignes qui se coupent sous divers angles, points blancs qui s'enlèvent sur la teinte sombre, carrés, losanges, triangles et méandres, sont de ceux que nous a offerts, bien des fois repétés, la poterie cypriote*. On ne saurait refuser de reconnaître ici des ouvrages phéniciens, soit importés des villes du littoral, soit fabriqués, à Jérusalem même, par des artisans étrangers ; aussi, frappé de celte ressemblance, n'avons-nous pas hésité à mettre au compte de l'industrie phénicienne le seul vase de cette espèce qui ait été trouvé à Jérusalem presque intact, celui que possède le Louvre*. Il semble d'ailleurs que l'usage de cette poterie à décor peint ne se soit introduit en Judée que longtemps après celui de la poterie lisse, sans ornements tracés au pinceau. C'est du moins ce qui semblerait résulter de ce fait que les fragments à décor géométrique ont tous été trouvés à une bien moindre profondeurque les jarres lisses; ils ne gisaient qu'à 4, 5 ou 6 mètres audessous du soP. D'ailleurs ce n'est pas seulement à Jérusalem que l'on a recueilli les débris de vases de cette espèce : on en a ramassé de tout pareils, quoique moins bien conservés et d'une exécution un peu moins soignée, à la surface du sol, dans le pays de Moab *. Des villes du littoral, ce style s'était répandu jusqu'à la frontière orientale de la

Fragment de vase. The Recovery^ p. 478.

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