‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 271 sur 381 · Amos, vi · texte numérisé non relu

Amos, vi

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On devine à de nombreuses allusions combien, vers cette époque, l'emploi de cette matière était devenu général, en Palestine, chez les rois et dans les maisons riches, hessalles d'ivoire seront détruites, s'écrie Amos quand il prophétise la ruine d'Israël*, et l'un des Psaumes emploie la même expression *. Enfin Achab avait bâti à Samarie un palais que l'on appelait le Palais d'ivoire ^ Il ne saurait y avoir doute sur le vrai sens de ces termes emphatiques; tout ce qu'ils veulent dire, c'est que, dans dans ces salles et dans ce palais, l'ivoire avait servi à décorer les plafonds et les lambris. Peut-être en ornait-on aussi ces instruments de musique qui égayaient les festins donnés dans ces somptueux appartements *.

Cependant, même alors, les habitudes étaient restées très simples, en dehors du petit cercle des gens qui prenaient modèle sur le souverain. Ainsi, au temps de Josaphat, nous voyons une famille aisée, dans un bourg du royaume du Nord, bâtir et garnir tout exprès pour un hôte vénéré, pour un prophète, une chambre qu'elle lui réserve. Qu'y met-elle? Quatre meubles seulement, qui, dans Tidée du propriétaire, semblent suffire à former un mobilier complet: un lit, un sofa, une table, un siège et un chandelier^. Le luxe des maisons opulentes et des lieux de culte consistait surtout, comme nous l'avons vu pour le temple, en vaisseaux de bronze, pots, cratères et bassins, écuelles et coupes, en ustensiles du même métal, tel que pelles à feu et fourchettes destinées à retirer la viande du chaudron où elle bout.

La recherche et la somptuosité du costume ne datent aussi que des derniers siècles de la monarchie. Jusqu'alors la matière avait été uniquement fournie par les produits mêmes du pays, par le lin que les femmes faisaient rouir dans les fontaines et sécher ensuite sur la terrasse de leurs maisons, par la laine des brebis, qu'elles nettoyaient et qu'elles cardaient, qu'elles filaient et qu'elles tissaient. Toutes jouaient de la quenouille et du fuseau. Il y avait sous chaque toit un ou plusieurs métiers. Le fil de lin donnait à l'homme le vêtement de dessous, la tunique, et le fil de laine donnait le manteau, qui protégeait le corps contre les rayons trop perçants du soleil et contre les froids du soir ou de l'hiver. La tunique [kuttônet)^ serrée à la taille par une ceinture de lin ou de cuir, tombait jusqu'aux genoux ; dans la maison ou aux

i. ÂMOS, 111, 15.

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