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seurs dans la vallée de TOronle, qu'elle était située au sud d'Hamath, et que les eaux du fleuve Tentouraient de manière qu'elle formât une île, que deux chaussées reliaient au continent. Elle parait avoir été entourée d'une double enceinte; entre les deux murs il y avait un fossé profond, que remplissaient les eaux du fleuve*.
Dans les grandes compositions qui, à Thèbes comme à Ipsamboul, mettent en scène les combats livrés autour de Cadech par Ramsès II, le spectateur voit l'Oronte, qui traverse tout le registre supérieur, s'élargir en un lac considérable, qui enveloppe de plusieurs côtés les murs de la place. Le fleuve sort du lac vers la droite du tableau (fig. 257).
La ville de Cadech a disparu; à l'époque classique, elle avait été renaplacée par la célèbre Émèse, aujourd'hui Homs, qui n'est même pas au bord de l'Oronte; mais le lac existe encore, et c'est sur ses bords qu'il faut chercher l'emplacement du vieux fort hétéen. Robinson, le célèbre voyageur américain, fut le premier à appeler l'attention sur ce vaste étang, qui se trouve à. deux heures de Homsj étang qui paraît avoir été créé au moyen d'une digue que la tradition locale attribue à Alexandre le Grand. Cette nappe d'eau, c'est celle qui est représentée sur les monuments de Ramsès II comme contiguë à la forteresse de Cadech. Le lac, par une persistance de la tradition populaire, qui n'est pas rare en Orient, a conservé le nom de la ville dont il avait fait autrefois la principale défense; il porte encore le nom de Cadès. On y voit au sud une île où s'élève un tell ou monticule*; celui-ci renferme très probablement dans ses flancs les restes des murs qu'ont tant de fois assaillis les soldats des pharaons. Conder serait au contraire disposé à voir l'emplacement de Cadech dans le Tell-Nédi, qui est aujourd'hui à environ 5500 mètres au sud du lac; celui-ci, avec le temps, aurait abandonné une partie de l'espace qu'il couvrait autrefois (fig. 258)^ Des fouilles seules pourront trancher la question. Quoi qu'il
i. C'est du moins ce qui résulterait de la vue de Cadech que donne un des tableaux où les artistes égyptiens ont représenté la grande bataille livrée par Ramsès sous les murs de cette forteresse, celui du temple d'ipsamboul (Rosellini, Monumenti storiciy pi. HO; Lepsius, Benhmxler^ partie III, pi. IGi). On ne saurait d'ailleurs se tromper sur l'identité de cette ville; dans le tableau en question, son nom est écrit sur les murs mêmes de la cité, détail omis dans la planche de Rosellini, mais que reproduit celle de Lepsius. Notre figure 257 est un composé des deux images; nous avons emprunté le tracé des constructions à Rosellini, qui le donne d'une manière plus complète et plus claire, et nous avons pris à Lepsius l'inscription qui contient le nom de Cadech.
2. Conder, qui ne cherche pas sur le lac l'emplacement de Cadech, signale pourtant cette lie, appelée aujourd'hui Tell-el-haheirah, *< le tertre du lac ».
3. Conder, dans les Quarterly statements du Palestine exploration fund, 1881, p. 163- 175; 'puis dans Helh and Moab, ch. i. J'ai peine à comprendre comment il peut nier que
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504 LES HETEENS.
en soit, on ne peut hésiter qu'entre ces deux sites, très voisins l'un de l'autre. Lorsque Robinson raconta sa découverte, en 1856, dans ses Dernières Recherches bibliques^ il fit cette réflexion: « On ignore pourquoi ce lac porte le nom de Cadès. » Nous le savons aujourd'hui, Robinson n'a d'ailleurs pas été dupe d'une illusion, de quelque mot mal prononcé ou mal entendu. Aboul-Féda avait mentionné ce lac, qu'il appelle Kédès et qu'il regarde aussi comme l'œuvre de l'industrie humaine*.
Depuis Toutmès III, le premier conquérant égyptien dont l'itinéraire nous soit connu, les armées thébaines, quand elles attaquaient la Syrie, ont toujours suivi la même route, qui, par le pays des Philistins, les conduisait jusqu'à Megidi ou Mageddo, place forte sous laquelle se livrait la première bataille. Celle-ci gagnée, le pharaon ne rencontrait guère plus de résistance à briser que lorsque, continuant à monter vers le nord, il se présentait devant Cadech. C'était là qu'acceptaient ou qu'offraient le combat celles des tribus que les premières défaites n'avaient pas décidées à déserter la lutte; pour arrêter le vainqueur, on comptait sur la force des remparts de Cadech et sur cette ceinture d'eau vive qui les entourait. Si l'armée de secours qui défendait la place était battue et la laissait tomber, les confédérés n'avaient plus qu'à se disperser, et le vainqueur, longeant l'Oronte, prenait Hamath, puis tournait à l'est, gagnait Khaloupou, aujourd'hui Alep^ et Patina, depuis Batnae. De là à Gargamich et l'Euphrate, il n'y a qu'une courte et facile étape.
Après chacune de ces expéditions, les princes syriens, jusqu'à la mort de celui qui les avait domptés, payaient les tributs et fournissaient, les contingents militaires auxquels ils avaient été taxés; mais à chaque changement de règne la révolte éclatait, et tout était à recommencer. Durant trois ou quatre siècles, la Syrie fut ainsi rattachée à l'Egypte,
réiargissement du fleuve, sous les murs de Cadech, dans les monuments égyptiens, donne bien Tidée d*un lac. Conder croit que des fouilles seraient fructueuses ; le sol, tout autour de Nèbi-Mendeh, est jonché de fragments de poterie, d'éclats arrachés à des matériaux jadis taillés à des dalles de calcaire et de basalte. D'après ce même voyageur, les habitants du pays appliquent le nom de Cadès aux ruines, aux murs dont les crêtes affleurent sur le versant sud du tell, tandis qu'ils appellent proprement NèbirMendeh le sanctuaire musulman qui en couronne le sommet. M. Tomkins a combattu Tidée de M. Conder et cherche Cadech sur le lac môme (Kailesh on Orontes, Quarterly statements, 1882, p. 47).
1. Cette description et les indications qui précèdent sont empruntées au mémoire de l'abbé Vigouroux, qui analyse ou cite les témoignages des explorateurs de la haute Syrie.
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L'HISTOIRE DBS HÉTÉENS.
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mais par un lien très lâche, qui menaçait toujours de se dénouer. Sous les Toutmès et les Ramsès comme sous Psammé tique et Amasis, comme plus tard sous les Ptolémées, comme hier encore sous Méhémet-Ali et Ibrahim Pacha, TÉgypte n'a jamais possédé la Syrie qu'à titre précaire ; rÉgypte est trop nettement séparée par la nature du reste du monde et, par suite, son peuple doit au milieu où il s'est développé des carac tères particuliers pour qu'il puisse y avoir entre elle et aucune société voisine même un commencement d'assimilation et de fusion.
Toutmès I^ avait frayé la voie à ses prédécesseurs; mais Toutmès III paraît avoir été le seul pharaon qui ait poussé jusqu'à Gargamich. L'inscription funéraire d'un de ses généraux donne quelques détails sur le siège •de cette ville et sur les stratagèmes employés par la garnison pour en retarder la chute. Parmi les tributaires des trentetroisième et trente-neuvième années du règne, on voit figurer la grande terre deKhiti, qui a livré des esclaves, des pierres précieuses, des lingots
d'or et d'argent, des chariots, du bétail. La Syrie reprit son indépendance sous les derniers rois de la dix-huitième dynastie. Le fondateur de la dix-neuvième, Ramsès P', y ramena les armées égyptiennes; mais, sans doute pour s'assurer la possession de la partie méridionale de cette contrée, il paraît avoir traité avec les Khiti sur un pied d'égalité, avoir conclu avec leur roi Sapalel une alliance offensive et défensive. Ces relations amicales ne durèrent pas; dès le commencement de son règne, Seti est en guerre avec Sapalel. Les sculptures de la grande salle du temple d'Ammon, à Karnak, représentent les principaux épisodes de cette campagne; on y voit fuir devant Seti victo-
Est de GreenwicK