Stèlo royale. Basalte
Musée Britannique.
i. Histoire de VArt, t. H, p. 508. H y a plus de trente ans que ce monument avait été signalé par un voyageur anglais, M. Badger {Nestorians and their ritual, 1852, t. I, p. 352).
2. M. Wright a sans doute eu des doutes à ce sujet, car il n'a pa^ reproduit, dans les planches de sa seconde édition, ce bas-relief, que M. Sayee avait jadis fait figurer à la suite de sa dissertation intitulée The monuments of the Hittites,
3. Pour la figure, voir Wright, The Empire, pi. xx, fig. 2 et, pour Tinscription, lapl.x.
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552 LES HÉTEENS.
ridée d'un très riche costume. Sur la poitrine, un large pectoral, dont le tour est décoré de rosaces et de méandres, c'est-à-dire de motifs qui sont familiers à l'ornemaniste assyrien ; le manteau, dont le bord seul est apparent, semble n'avoir pas été moins somptueux; il encadre le vêlement de dessous, fait d'une de ces fines étoffes, à petits plis symétriques et serrés, que nous retrouverons dans les vieilles statues grecques. La main gauche tient un objet mal défini, qui peut être la poignée d'un sceptre. Roi ou prêtre, ce personnage est certainement quelque haut dignitaire, représenté dans ses habits de cérémonie. 11 y a encore, parmi les fragments réunis au Musée Britannique, un autre débris d'une figure d'officiant*. L'imitation de l'Assyrie y est aussi très sensible, soit dans les attributs, soit dans la parure; regardez le pendant d'oreilles, il est d'un type dont les monuments de Ninive offrent de nombreux échantillons. Sur une dernière dalle, qui provient aussi de Djerablous^ toute la saillie de la figure a été usée et détruite; on ne distingue plus que le contour d'un personnage debout, ses souliers à pointe recourbée en arrière, et son bras gauche qui, à demi tendu, tient le sceptre par le milieu; une inscription, en grande partie conservée, remplit tout le champ, autour et au-dessus de l'image *.
Les quelques bas-reliefs que nous venons de rapprocher forment comme les premiers éléments d'une série que compléteront peut-être bientôt de nouvelles découvertes et qui présentera alors un intérêt tout particulier ; elle se trouvera correspondre à cette suite des stèles royales de l'Assyrie que nous avons fait connaître par quelques échantillons choisis ^ Le jour où on aura levé le mystère de ces hiéroglyphes, on déchiffrera, sur ces monuments, les noms des rois qui ont lutté contre Séli et Ramsès, contre Salmanasar et Sargon, ces noms que l'on ne connaît jusqu'ici que par les chroniques thébaines et ninivites, et peutêtre on y lira la version hétéenne des campagnes sur l'Oronte, la contrepartie des bulletins de victoire égyptiens et du poème de Pentaour.
Où ces stèles royales étaient-elles dressées ? Était-ce dans l'enceinte
1. Wright, The Empire, pi. xix. Si nous n'avons pas reproduit ces deux figures, c'est parce qu'elles sont de facture presque assyrienne. Ne pouvant donner tous les monuments qui ont été recueillis dans la Syrie du nord, nous avons tenu à mettre de préférence sous les yeux du lecteur soit ceux qui avaient l'aspect le plus particulier et le plus étrange, soit aussi ceux que M. Wright n'a pas publiés parce qu'il ne les connaissait pas, la découverte en étant toute récente. C'est à cette double préoccupation que nous avons obéi en faisant notre choix.