Ibidem, p. 4, 8, etc
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bien gauche : il a lair de donner la patte, comme un animal savant; les sculpteur? que les Sargonides employaient à la décoration de leurs palais savaient rendre avec une autre fidélité et un autre accent la fureur impuissante et les convulsions suprêmes de toutes ces victimes que faisaient les flèches et Tépieu de leurs rois. Enfin, détail qui a son importance, la matière est ici la pierre volcanique du pays, ce qui suffit à prouver que toute celte décoration sculpturale, dont plusieurs autres morceaux ont été retrouvés, a été exécutée sur place.
Les ressemblances que nous avons signalées comportent une auti*e explication beaucoup plus naturelle. Depuis le commencement du ix** siècle, depuis que les souverains de Calach et de Ninive avaient étendu leur empire jusqu'à TEuphrate, depuis qu'ils s'étaient accoutumés à franchir ce fleuve pour ravager les royaumes de Damas, d'Israël et de Juda, pour promener leurs armes jusque sur la côte phénicienne, le long des rivages de la grande mer du couchant, des rapports s'étaient nécessairement établis entre ces puissants maîtres de la Mésopotamie et les tribus qui occupaient la Syrie septentrionale, les deux versants de l'Amanus et du Taurus. Ces rapports étaient souvent hostiles ; mais ils comportaient aussi, entre deux guerres, des trêves plus ou moins longues, pendant lesquelles les caravanes passaient librement d'un territoire à l'autre. Des rois de Hamath et de Gargamich allèrent peutêtre à Ninive rendre hommage à leurs vainqueurs ; tout au moins leurs envoyés portaient aux bords du Tigre ces tributs dont la trace a été retrouvée à Kouioundjik dans la chambre du trésor; parmi les sceaux en argile qui durent être apposés sur les sacs ou sur les paniers où étaient renfermés les objets de prix livrés à titre de redevances, on en a recueilli plusieurs qui laissent reconnaître des caractères hétéens (fig. 287, 288, 289). Grâce à ces relations, les petits princes qui étaient maîtres des gués de l'Euphrate ou qui régnaient dans les vallées de rOronte et du Pyramus prétendirent imiter le luxe de leurs puissants voisins ; ils se bâtirent des palais où ils voulurent faire retracer sur les murs leurs combats, leurs chasses, les sacrifices qu'ils offraient à leurs dieux, et la sculpture qui, dans toute cette contrée, était restée longtemps grossière et presque sauvage, s'assouplit alors et s'affina rapi-
287, 288, 289. — Empreintes en argile. Musée Britannique. Layard, The Monuments of Ninevehj ficcond séries, pi. lxix.
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LES HÉTKENS.
dément ; elle s'inspira de l'art assyrien, sans jamais parvenir ni à se confondre avec lui ni à l'égaler. Cependant il lui arriva 'parfois de se rapprocher de ses modèles : dans la chasse au lion, les figures d'homme ne sont pas sensiblement inférieures à la moyenne des figures assyriennes, et ce qui soutient encore mieux la comparaison, c'est une tète trouvée à Marach, par malheur la seule partie conservée d'un basrelief qui représentait un joueur de flûte (fig. 290). Malgré la dureté de la pierre où elle a été ciselée, cette tête est d'un travail très libre et ne
manque pas de noblesse, il y a de l'élégance dans l'arrangement de la barbe et surtout dans celui des cheveux , qui tombent en longues boucles sur les épaules.
Où se trahit encore la pensée de copier l'Assyrie, c'est dans l'habitude prise de graver des inscriptions sur le corps même des figures, comme les Assyriens y faisaient courir, au flanc des taureaux et à travers les bas-reliefs, les longues bandes de leurs textes religieux et historiques. Une statuette de i/flrach est ainsi toute couverte d'écriture, et il en est de même du lion qui provient de la même viUe (fig. 275) ; mais les hiéroglyphes hétéens, avec leur fort relief et la diversité de leurs formes, attirent bien plus l'œil que les traits de l'écriture assyrienne, finement gravés en creux, et ils brisent ainsi toutes les lignes, ils gâtent l'image à laquelle ils sont attachés ; c'est de la sculpture sur de la sculpture, une lourde et gauche surcharge. S'esl-on aperçu du mauvais effet que produisait cette imitation maladroite? On serait tenté de le croire en voyant d'autres figures, où l'on a eu soin de réserver l'inscription pour le champ (fig. 277) * ; encore là même ces
290. —Fragment d'un has-rclief. Hauteur, 0»,32. Basalte. D'après un dessin de M. Puchstein. Musée de Berlin.