‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 310 sur 381 · I. Voir encore Wright, The Empire, pi. ix · texte numérisé non relu

I. Voir encore Wright, The Empire, pi. ix

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signes, trop saillants, donnent-ils à l'ensemble un aspect un peu brouillé qui n'est pas des plus heureux.

Comme les Assyriens, comme tous les peuples chez qui le sculpteur n'a pas l'occasion de contempler le corps humain sans voiles, ce que les Hétéens ont le mieux rendu, c'est la forme de l'animal. Il y a, dans leurs inscriptions, des têtes de bœuf, de bélier, de chèvre, d'âne et de cheval qui, tout abrégée que soit l'image, sont dessinées par un contour très ferme et très juste (fig. 256); mais le chef-d'œuvre de cet art, c'est peut-être ce lièvre, qu'a représenté en course, puis au repos, le calligraphe ou plutôt le sculpteur qui a ciselé l'inscription du lion de Marach (fig. 254 et 255). Cet art faisait une grande place au lion; il le dressait, massif et colossal gardien de pierre, devant les portes des palais; il en montrait volontiers la silhouette dans ses bas-reliefs. Le lion, qu'il faut aller chercher aujourd'hui plus au sud, habitait encore, dans l'antiquité, les vallées et les plateaux du Taurus. Le sculpteur syrien avait pu l'étudier sur le vif; il l'avait entendu rugir. Cependant il n'a pas su lui donner cette puissance, cette intensité de vie, cette expression passionnée que l'on admire dans certains morceaux de la chasse d'Assourbaoipal; mais si les attitudes sont peu variées, si le mouvement n'est pas toujours heureux, tout au moins le sculpteur a-t-il bien saisi le caractère que présentent chez cet animal la tête et la face; il Ta traduit avec une remarquable énergie. La gueule est franchement ouverte; il y a bien sur le front et sur les joues ces plis profonds de la peau qui donnent à ces grands carnassiers une physionomie si particulière. Quant au modelé du corps, il laisse à désirer; le sculpteur semble avoir hésité entre deux interprétations qui, l'une et l'autre, cherchent Teffet aux dépens de la vérité. Dans la scène de chasse, pour que le lion eût l'apparence de la force, on l'a représenté gros et court (fig. 279); la figure est lourde. Au contraire, dans ce bas-relief où le lion, couché sur le sol, sert de support et comme de vivant piédestal à la majesté divine, il s'allonge et s'effile outre mesure (fig. 276). De ces deux types, celui qui paraît l'avoir emporté, celui du moins que nous retrouverons seul en faveur chez les Hétéens de la Cappadoce, c'est le second, celui que l'on peut appeler le type mince. Il fut trouvé sans doute le plus expressif des deux, celui qui rappelait le plus vivement l'extraordinaire agilité du lion, la rapidité de sa course et l'élan de ces bonds prodigieux qui le jettent de si loin sur sa proie.

Ces monuments de la Cappadoce, que tant de liens rattachent à ceux de la Syrie septentrionale, l'heure est venue d'en aborder l'étude;

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ils sont tous groupés dans un assez étroit espace, dans un district voisin de la ville toute moderne de Yuzgat, aujourd'hui le chef-lieu d'un vilayety qui comprend foute la partie orientale de TAsie Mineure. C'est là que les Hétéens occidentaux avaient bâti leur capitale ; c'est là qu'ils ont eu, pendant des siècles, leur forteresse principale, leur centre d'action, d'où leurs arts se sont répandus dans le reste de la péninsule, d'où sont parties ces expéditions qui ont franchi l'Halys et laissé des traces jusque sur les rivages de la mer Egée. Nous retiendrons assez longtemps le lecteur dans ce canton où, il y a vingt-cinq ans, j'ai passé près d'un mois; mais, quand nous en aurons décrit les sculptures et les ruines, notre tache ne sera pas terminée. Nous aurons à chercher, dans le centre et l'ouest de l'Asie Mineure, les monuments qu'y ont semés ce môme peuple et cette même civilisation, monuments qui ne subsistent plus qu'en petit nombre et sur des points très éloignés les uns des autres. Si quelques témoins de ce passé lointain ont survécu, si, dans la Cappadoce notamment, notre moisson est plus abondante qu'elle ne l'a été en Syrie, nous le devons surtout à la nature des roches qui forment l'ossature de cette contrée. La plupart sont d'origine sédimentaire, et le peu de résistance qu'elles offraient au ciseau était une tentation et un encouragement. Les plus importantes et les plus curieuses des sculptures que nous rencontrerons sur notre chemin ne seront plus, comme celles que nous avons recueillies dans la Syrie septentrionale et dans la Comagène, les épaves du naufrage de quelque bâtiment depuis longtemps détruit, des débris mobiles et errants; nous les retrouverons, le relief à peine atténué, le contour à peine usé par quelques trois mille ans de neige, de vent et de pluie, à la place même où les ont fait tailler dans le roc, en mémoire de leurs exploits, des conquérants dont le nom était déjà oublié au temps d'Homère.

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