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qui jouaient ce rôle. Les chemins alors les plus fréquentés étaient ceux qui conduisent des hautes terres de Tintérieur aux rivages ioniens; ils descendaient par ces vallées du Caïcus, de THermus et du Méandre qui s'encadrent entre les murailles parallèles des chaînes dont les derniers escarpements plongent dans les golfes de la mer Egée. Ces vallées sont moins tortueuses que celles des fleuves qui se jettent dans TEuxin ; elles sont moins abruptes que celles où se précipitent en blanches cascades les torrents des monts de la Carie et de la Lycie. Les fleuves qui les arrosent ne prennent pas leur source à plus de 800 mètres audessus du niveau de la mer; ils suivent la plus grande pente du terrain. Sans doute eux aussi rencontrent des obstacles, lorsque le léger sillon creusé par les eaux à la surface du plateau aboutit aux montagnes qui le cernent; il faut traverser ces massifs, ceux auxquels viennent s'attacher les crêtes allongées des chaînes occidentales. La rivière, en cet endroit, s'engage donc dans une gorge étroite et profonde; mais celle-ci ne tarde pas à s'élargir, à se changer en une plaine spacieuse, dont les alluvions se prêtent merveilleusement à la culture. C'est surtout la vallée du Méandre qui présente ces avantages; avec celle de son affluent le Lycus, elle remonte plus haut vers l'intérieur que les vallées du Caïcus et de l'Hermus; en même temps, dans sa partie basse, elle offre au laboureur les campagnes les plus riches, où le fleuve serpente parmi ses atterrissements, prêt à répandre partout, dès qu'on l'y sollicitera, la vie et la fécondité . Nulle part ailleurs les relations ne sont plus faciles entre les habitants du httoral et ceux du plateau ; nulle part la nature n'a autant fait pour les préparer et ne les favorise aussi visiblement.
Ces contrastes que présente en Asie Mineure l'aspect du terrain, d'une province à Tautre, des basses aux hautes terres, de la plaine d'ail uvion au steppe et à la forêt, on les trouve aussi marqués, comme il y a lieu de s'y attendre, dans le climat. Celui-ci n'est nulle part plus tempéré, plus semblable au nôtre que dans le voisinage du Pont- Euxin, sur la côte septentrionale. Là, l'été est rafraîchi par l'abondance des eaux qu'entretient la persistance de la forêt sans fin. L'hiver, on est battu par le souffle quelquefois presque glacé des vents du nord, qui ont passé sur le steppe de la Russie méridionale, alors tout couvert de neige ; mais ceux-ci n'arrivent pourtant aux rivages asiatiques qu'après s'être déjà un peu réchauffés en traversant la mer. Toute une partie de ce littoral est déjà trop froide pour l'olivier; quand on a franchi le Bosphore et qu'on cingle vers l'est, on ne revoit guère cet arbre que dans