‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 321 sur 381 · LE SANCTUAIRE · texte numérisé non relu

LE SANCTUAIRE

lASILI-KAIA.

aussi les Mèdes qui aient ciselé les bas-reliefs (VEuiuk? Hien n'est plus invraisemblable, plus inadmissible. Édifices royaux bâtis en pierre et

313. — lasili-kala. Bas-relief principal de la ^aiide enceinte. E du plan. Exploration, pi. xlv.

en briques crues, tombes souterraines creusées dans le flanc des ravins, bas-reliefs taillés dans la roche vive ou dans des blocs de calcaire et de

trachyle, tous ces monumenls sont bien l'œuvre du peuple qu'Hérodolo appelle les Leuco-Syriens, de celui qui, jusqu'au temps de Crésus, eut ici sa capitale. Ce peuple paraît bien être devenu, vers le commencement du sixième siècle, vassal des Mèdes, de même qu'il avait peutêtre, dans le cours du siècle précédent, payé par moments tribut ;i l'Assyrie; mais on sait combien était lâche le lien qui, dans tous ces empires orientaux, rattachait les nations sujettes au pouvoir central, et l'on se demande pourquoi les Ptériens se seraient imposé un pareil effort à simple fin de graver sur le roc Timage de ces maîtres étrangers, de ces conquérants dont l'ambition et les brusques attaques venaient de loin en loin troubler le repos et menacer Tindépendance des tribus cappadociennes.

On s'explique au contraire que le peuple qui habitait, que la dynastie qui résidait à Boghaz-keui aient employé les bras de plusieurs générations d'ouvriers à sculpter dans la masse indestructible du roc l'image de leurs dieux et des cérémonies que l'on célébrait en leur honneur; c'était donner à l'hommage rendu une permanence, une perpétuité dont ces dieux seraient reconnaissants. Dans les deux groupes qui se rencontrent sur la paroi du fond, les divinités proprement dites se distinguent par leur haute taille et par les socles qui les portent et qui les grandissent encore ; les personnages qui se font face sur les parois latérales représentent le peuple, les guerriers, les prêtres et les prêtresses. Dans le cortège de gauche l'artiste a admis des génies secondaires, de ceux qui étaient conçus comme établis sur la terre et mêlés étroitement à la vie des hommes. Nous avons déjà signalé les trois personnages ailés qui ont ce caractère (C et D du plan); on remarquera aussi, au même titre, deux figures singulières (milieu du bas-relief C), qui n'ont pas d'analogues dans le reste du tableau. Elles sont plus courtes et plus grosses que les autres; leur tête, par exception, semble dessinée de face. Il est impossible de distinguer les traits de leur visage plat ; on devine pourtant des cornes ou de longues oreilles. Les pieds, nous avons très nettement distingué ce détail dans la figure de droite, sont des pieds de bouc; il y a donc là un type semblable à celui du satyre grec. Ces deux monstres sont portés sur une sorte de cartouche, qui est découpé dans la plinthe et forme piédestal ; ils soutiennent de leurs bras levés un objet qui a l'apparence d'une barque cannelée, mais qui n'est peut-être qu'un croissant, symbole d'une déesse lunaire.

Nous ne pouvons nous arrêter à décrire un à un tous les acces-

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LE SANCTUAIRE. — lASILI-KAlA.

soires que les figures tiennent en main, sceptres terminés pur une boule, hache à deux tranchants, bâton droit ou recourbé en crosse.

314. — lasili-kala. Bas-relief de la grande enceinte. Hauteur, 2^,24. Exploration, \)\. xlv.

arme en sorte de faux, corne, patère, fleur, etc. Le geste même, par sa solennité, semble donner à chacun de ces objets cette valeur tradi-

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LES HETEENS.

Et^'^

tionnelle et fixe qui, dans les cérémonies du culte, s'attache aux ustensiles consacrés par le rite, ustensiles dont chacun a son usage spécial et n'appartient qu a Tun des officiants; Tattitude grave et recueillie des personnages confirme cette observation ; Tensemble a bien ce que l'on peut appeler la physionomie hiératique. Remarquez surtout, dans le bas-relief du fond (E du plan), les taureaux mitres et affrontés dont le buste fait saillie en avant des deux personnages principaux, les montagnes et les épaules humaines qui servent de supports aux personnages de gauche, les animaux, panthère et aigle à double têle,

qui soutiennent les de

personnages droite *.

Où le caractère religieux et symbolique de nos sculptures paraît le plus frappant, c'est dans les figures qui sont en dehors du double cortège. Commencez par la gauche et faites le tour de la salle principale; quand vous vous retournerez pour sortir, vous apercevrez, sculptée sur une saillie du roc et regardant la paroi du fond, une grande figure, debout sur deux sommets de montagnes (K du plan, fig. 314). Par ses dimensions elle dépasse toutes les figures du bas-relief principal. Son bras droit supporte un édicule. L'autre laisse pendre par derrière un Utuus ou bftlon augurai à crosse recourbée. La tète est couverte d'une tiare basse et ronde qui a la forme d'une calotte, du tarbouch turc sans le gland du milieu. La poignée semi-lunaire d'une épée s'aperçoit sur le Hanc droit; la robe est longue et ne laisse voir que les pieds. Le bras droil

1. Si nous n'avons donné, à part, que trois fragments des bas-reliefs de la grande salle (fig. 3H, 3 12 et 313), c'est que la planche VHI, exécutée avec grand soinpar M.Oury d'après les photographies et d'après les nombreux croquis de M. Guillaume, reproduit fidèlement, malgré son échelle réduite, jusqu'aux moindres détails de l'original. Nous ne saurions trop remercier notre ancien éditeur, M. Firrain-Didot, de l'avoir mise à uotrc disposition pour VHistoire de VArt.

31.'i. — lasili-kala. Bas-relief à l'uiie des entrées du couloir.

Hauteur, 1 mètre. Exploration, pi. xLvni.

:HG. — lasili-kaïa. Bas-relief à l'entrée du couloir. Hauteur, 1 mèli*e. Exploration,

pi. XLVUI.

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LE SANCTUAIRE. — lASILI-KAIA.

supporte un édicule. Cet édicule est surmonté d'un globe ailé dont le centre est formé par deux disques solaires ; un génie à la mitre pointue, à la robe décorée d'ornements en dents de scie, y est compris entre deux taureaux vus de face et deux colonnes ioniques*.

Continuez à suivre cette même paroi ; à l'entrée d'un étroit passage

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