Le sphinx de gauche. E.rploralion, pi. lxv
qui le couronne empêche d'ailleurs de juger si la coupe oblique existe aussi de ce côté. Au bas de la face interne du premier sphinx (n° 9), on
TOMK IV. 8't
aperçoit encore la feuillure de la porte et le trou de gond ou crapaudine où tournait le pivot. Pareille crapaudine ne paraît pas avoir existé à l'autre pied-droit ; il s'ensuivrait que la porte du palais n'avait, semble-t-il, qu'un battant, quoiqu'elle fût large de 3™, 41.
En arrière du seuil, la suite de l'allée forme un second vestibule, plus long et aussi large que le premier, qui donnait probablement accès à une cour; il a 6°, 50 sur 5", 20. On a, des deux côtés du passage (20 du plan), les amorces du mur qui formait la limite méridionale de cette* cour. L'espace compris entre les deux parements devait être un puissant mur en briques crues, épais de 13 mètres, ou peut-être un massif dans l'intérieur duquel étaient ménagées des chambres latérales. Il n'est pas probable que, même sur la façade extérieure, le revêtement de pierre montât très haut; autrement, il y aurait là, en avant delà muraille détruite, plus de blocs amoncelés sur le sol. En tout cas, on ne trouve trace aujourd'hui que d'une seconde assise. C'est au-dessus du bloc n° 3 qu'est resté en place le seul bloc qui la représente. Il porte un bossage*; ses joints latéraux sont obliques; sa forme est irrégulière. Si l'on examine les deux pentes du lit supérieur du bloc n** 1 et la forme irrégulière des blocs de la seconde assise qui sont aujourd'hui couchés à terre, on est conduit à penser que l'appareil était ici polygonal, comme il l'est le plus souvent à Boghiiz-keui. Le constructeur avait, de part et d'autre, les mêmes habitudes, et, selon toute vraisemblance, ici comme dans le palais du chef-lieu, la pierre n'avait été employée que dans les soubassements ; au-dessus de cette sorte de plinthe, qui ne comptait que deux ou trois assises, s'étageaient les lits de briques. Des deux côtés de la porte, les bas-reliefs s'étendaient aussi loin que pouvait aisément les distinguer le regard des arrivants ; si, à droite, la maçonnerie moderne du lavoir ne permet guère de constater le point où s'interrompt celte décoration, à gauche nos fouilles nous ont permis de la suivre dans le talus jusqu'à l'endroit où elle cesse; elle se continuait, en gardant la même hauteur, sur les deux parois du palier qui précédait la porte.
Cette disposition nous est connue ; nous nous rappelons comment, pour donner tout d'abord aux visiteurs une haute idée de la puissance et de la majesté du prince, le sculpteur des palais assyriens plaçait, à droite et à gauche de la porte, des images qui représentaient le roi entouré des dieux ses protecteurs, de ses vizirs, de ses principaux ofli-
i. La très petile échelle de notre dessin (fig. 325) n*a pas permis d'indiquer ce détail.
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LE PALAIS D'EUIUK.
ciers et de ses eunuques. Le caractère de la pompe figurée ici des deux côtés de Feutrée n'est pas le même ; mais cette pompe occupe la môme place et appartient ainsi au même système d'architecture et de décoration. En revanche, dans cet ensemble, on remarque tout d'abord un frait singulier, qui n\i pas été emprunté aux modèles que fournissait la Mésopotamie ; nous voulons parler de ces sphinx qui remplacent ici, comme gardiens du palais, les taureaux mitres si chers aux architectes
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