Euiuk. Bas-reliet. Exploration, pi. i.vi
ninivites et les lions que l'on rencontre soit en Assyrie, soit dans la Syrie septentrionale. Il n'y a pas à s'y tromper, c'est bien le sphinx égyptien, ce mélange de la figure humaine et d'un corps de lion (fig. 327) ; mais pourtant les différences sont sensibles; la donnée fournie par l'art égyptien a été profondément modifiée. Ainsi, en Egypte, le sphinx, à quelque variété de ce type qu'il appartienne, est toujours représenté couché, jamais debout comme ici ; au lieu d'être traité en bas-relief et adossé au pied-droit d'une porte, il est sculpté en ronde bosse et placé des deux côtés de l'entrée, perpendiculaire à la voie, dont il regarde l'axe. Si on porte son attention sur les détails, là encore on
LES HETEENS.
trouve des changements caractéristiques. Ainsi, dans les sphinx égyptiens, les extrémités inférieures de la coiffure tombent droites des deux côtés de la tête, ne se terminent pas par cette espèce de volute ; Tartisle a donné ici au sphinx non le klaft qu'il porte d'ordinaire, mais les deux grandes boucles qui encadrent la face d'Hathor*. L'oreille est placée ici à la hauteur normale, tandis que, dans les figures vraiment égyptiennes, elle se trouve reportée beaucoup plus haut, elle dépasse
le sourcil et même le bandeau dont est ceint le front. Enfin le collier n'a pas la forme d'un collier égyptien et n'est pas au même endroit; il passe ici sous le menton, tandis que, dans les sphinx égyptiens, quand il y a. un collier, ce )i qui paraît être tout à fait l'exception, ce collier tombe bien plus bas, jusque sur la poitrine. On a donc à reconnaître ici un motif égyptien qu'un artiste asiatique s'est approprié. Par le mouvement qu'il a donné au sphinx et par l'idée qu'il a eue d'en détacher la partie antérieure pour l'appliquer sur le jambage, comme par la liberté qu'il a prise de traiter à sa manière la coiffure, les traits et les ornements, il a donné à son œuvre un caractère mixte qui en fait une sorte de compromis entre le style égyptien et le style assyrien.
Si les figures de sphinx offrent un type dont la donnée première était empruntée à l'Egypte, en revanche tous les bas-reliefs qui ornaient le soubassement de la façade et les parois du vestibule rappellent, parleur style et leurs sujets, d'abord ceux de BoghaZ'keuiy auxquels ils semblent avoir emprunté certains éléments caractéristiques, puis, d'une manière plus générale, ceux de l'Assyrie et de la Perse ; mais aucun détail ne suggère ici l'idée de scènes historiques semblables à celles qui décorent les salles et les escaliers des palais de Ni nive, dePersépolisetdeSuze ; ici, comme à Boghaz-keui, c'est une procession religieuse que paraît avoir représenté le sculpteur, pro-
\, Histoire de l'Art, t. T, fîg. Si'i-. Voir Mkrriam, Arra?i(/eme7i( ofthehairon thesphifu^s fit Euiuk (dans American journal of archœology ^ t. ï, pp. 150-160).