‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 335 sur 381 · Euiirk. Bas-relief. Exploration, pi. lvii · texte numérisé non relu

Euiirk. Bas-relief. Exploration, pi. lvii

ment, la fantaisie de l'artiste a modifié la donnée. Ce taureau, c'est bien

aussi une victime que l'on conduisait au sacrifice; mais le sculpteur a

supposé que l'animal venait d'échapper aux mains qui le retenaient.

C'est à la décoration du palier qui s'étendait en avant delà porte que

340. — Euiuk. Lion dévorant un bélier. Vue latérale. Exploratton,^]^\. lvii.

doit avoir appartenu une sculpture d'une assez belle conservation (15 du plan, fig. 340). Elle représente un lion qui tient un bélier terrassé sous ses pieds de devant. La tête se détache en ronde bosse sur la face antérieure du bloc (fig. 341), tandis que le reste du corps est seulement indiqué en bas-relief sur une des faces latérales de cette pierre ; l'autre face est nue,

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LE PALAIS D'EUIUK.

ce qui indique que cette dalle devait être appliquée contre un mur. C'est ce mélange du bas-relief et de la ronde bosse que nous avons déjà rencontré dans la Syrie septentrionale et à Boghaz-keui. Les figures de lions qui dessinaient ici un di^omos, une avenue monumentale en avant du palais, étaient traitées dans le même esprit ; exposées aux intempéries depuis des milliers d'années, elles ont beaucoup souffert; le croquis ci-contre en indique pourtant la disposition (fig. 342) ; il donne la vue de face et la vue latérale d'un de ces blocs.

Pour terminer la description des sculptures qui ornaient celte façade et cette entrée du palais, il ne nous reste plus à signaler qu'un curieux détail, qui avait attiré, ajuste titre, l'attention des deux voyageurs par lesquels nous avions été précédés à Euiuk, d'Hamilton et de 34i. — Euiuk. Lion dévorant

i> lu T f • 1 j L* j j •! .un bélier. Vue de face. Ev-

Barth. La lace interne du sphinx de droite, qui pi^raiion, pi. lvh. est mieux conservé que celui de gauche , offre

un emblème que nous avons déjà rencontré à Boghaz-keui (pi. VIII, E) : c'est un aigle à deux tètes dont chacune des deux serres étreint un animal en qui nous avons cru reconnaître un lièvre, à sa taille et à ses longues oreilles (fig. 343)*. Au-dessus de cet aigle, le pied posé sur sa double tête, se dressait un personnage dont on ne distingue plus que la partie inférieure, la chaussure à bout recourbé et la robe traînante. Hamilton avait remarqué ce symbole sans s'apercevoir que l'aigle à deux têtes, ici comme à Boghazkeui, portait un personnage, et il est tenté de voir dans cet aigle une addition postérieure. C'est là une conjecture que

rendent insoutenable d'une part l'exacte similitude de style entre cette figure et les figures qui l'entourent, de l'autre le rôle que joue ce même symbole dans les bas-reliefs de lasili-fcaïa^ où il sert de

342. — Euiuk. Un des lions du dromos. Exploration, t. I, p. 342.

i. Barth croit y voir une souris. Le modelé est ici tellement sommaire et la surface est si usée, qu'il est difficile de se prononcer ; nous ferons seulement remarquer que le lièvre figurait dans le répertoire des scribes hétéens (fig. 254 et 2oo), puis que Tart oriental aimait à représenter Taigle s'fid3attant sur le lièvre (Histoire de VArtt 1. 11, fig. 409). La souris est une bien petite proie pour un si puissant oiseau.

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support à deux personnages et ne saurait se détacher de Tensemble. Le fait indubitable que Taigle à deux têles se rencontre dans deux monuments de la Cappadoce septentrionale nous conduit à une conclusion toute contraire à celle d'Hamilton. On trouve dans les traditions musulmanes, dont le fond doit être très ancien, un animal fabuleux, le Hamca, qui, d'après la manière dont le décrivent les conteurs, répond tout à fait à Taigle bicéphale sculpté sur les rocs de la

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