‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 338 sur 381 · Gherdok-kaïasi · texte numérisé non relu

Gherdok-kaïasi

Coupe transversale. Exploration, pi. XXXIII.

\, On remarquera que cette disposition s'accorde avec la règle que pose Vilruve, au sujet des colonnes du temple (1. III, ch. v). 2. Voir Pacho, Voyage dans la Cyrénaïque.

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LA NKCKOPOLE. «89

et corniche; rien qu'une architrave, formée de deux fasces, dont Tune règne sur toute la longueur du portique, tandis que Tautre semble n'avoir été qu'ébauchée ou bien qu'elle a été détruite par la chute de la couche superficielle du roc. Cette disposition rappelle la partie inférieure de l'entablement des tombeaux de Persépolis. Le chapiteau ne présente pas les membres qui caractérisent l'ordre dorique ; d'une exécution très rude, il est constitué par un talon, moulure qui est très employée dans les corniches phéniciennes*. Cette colonne a une base, ce qui rend encore moins vraisemblable l'hypothèse de l'imitation d'un type canonique grec. Avec son chambranle composé d'une double bande, la fenêtre de gauche fait songer aux portes des tombes phéniciennes d'Amathonte, où la baie a un encadrement du même genre ^; elle ressemble surtout aux fenêtres de ces petits modèles en terre cuite où nous avons reconnu des copies de chapelles consacrées à Astarté^ Mieux conservés, les ornements qui décorent les angles du petit fronton auraient peut-être fourni un utile élément de détermination ; mais ils sont trop frustes pour qu'il soit pbssible de les bien définir.

On remarquera que la Ptérie ne renferme ni inscriptions ni monuments d'architecture et de sculpture que l'on puisse attribuer à la période intermédiaire entre le règne de Cyrus et la conquête romaine. La vie et l'art ne semblent s'y être réveillés que sous l'administration des légats impériaux. Tous les textes grecs qui y ont été recueillis sont de basse époque, et, de tous les monuments que l'on y a signalés, le seul où l'imitation des formes classiques soit sensible à première vue ne nous a paru dater que du temps des Césars. C'est la tombe appelée par les paysans Kapoidu-kàia ou « la roche à porte »*. Dans la disposition architectonique de la façade comme dans l'exécution du médaillon qui la décore, une tête d'Apollon vue de face, on y devine le goût et les procédés de l'art gréco-romain. Dans la tombe de Gherdeh-kàiasi^ rien de pareil ; point d'éléments qui suggèrent à l'archéologue une date même approximative. Supposez que l'on eût trouvé cette sépulture sur la côte du Pont-Euxin ou de la Méditerranée, au lieu de la rencontrer au fond de la Cappadoce ; alors on serait au moins tenté de se demander

\. Histoire de VArt, t. IH, pp. 424-125 et fig. 03.

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