Statuette sarde. Grandeur d'exécution
train de bander sa flèche, posée sur la corde tendue (fig. 55); un autre paraît occupé à redresser et à préparer son arc (fig. 56). On remarquera la longue tige qui est fixée derrière le dos de celte dernière statuette; elle semble sortir du carquois*. Est-ce une flèche agrandie, qui, par la place qu'elle occupe ici, indique la profession et peut-être l'adresse toute particulière du personnage? Est-ce une palme, symbole de victoire? De pareils appendices ne sont pas rares. Voici par exemple
Arcuosu, sur le territoire de la commune d'L7a, c'est-à-^ire à 17 ou 1H kilomètres an nord-ouest de Cagliari. Sous une grosse pierre, on a découvert ensemble huit de ces bronzes; avec ces fignrines, il y avait autant de grandes épées du môme métal, dont une portait sur sa pointe une image de taureau. Sur celle trouvaille, qui est particulièrement curieuse par Tendroit où elle a été faite, à quelques lieues d'un centre de civilisation phénicienne, voir Spano, qui a décrit ces objets dans une Lettre au général de La Marmora, laquelle a été reproduite en appendice au Bulletin archéologique sarde (3« année, l8o7), sous ce titre : Andco Larario sardo di Uta; toutes les slaluettes d'Uta sont dessinées dans la planche 1 du livre de Gara (ReUizione sugli idoli sardo fenicii), d'après celle qui accompagne le Mémoire de Spano.
i. Le carquois et la tige sont représentés dans la planche IV, fig. 5, du Bulletin archéologique sarde de 1884.
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STATUETTES ET BARQUES VOTIVES
une statuette qui appartient au musée du Collège Romain et qui avait attiré déjà l'attention de Winckelmann et de Barthélémy (fig. 57)*. Dans un anneau ménagé par derrière est insérée une tige terminée par deux roues qui a toute lapparence d'un timon de char auquel est attachée une sorte de corbeille ^. Il est probable que ce soldat tenait appuyée sur l'épaule droite une épée qui aura été cassée et perdue. C'est ainsi que le plus souvent l'arc a été en partie brisé ; il n'en reste plus
58. — Statuette do Teti. Hauteur, 0«»,20. Musée de Cagliari. Dessin de Wallet.
59. — Statuette de Teti. Hauteur. 0™,18. Musée de Cngliari. Dessin de Wallet.
que des morceaux, comme dans un groupe de deux guerriers qui présente une autre particularité curieuse (fig. 58). Ici le bouclier
{. Winckelmann la décrit à la fin de son étude sur VArt des Étrusques {Histoire de VArt, 1. HT, ch. m). Le panier n'était pas alors attaché au timon; il était posé sur les cornes. Winckelnnann tire de là toute une conjecture plus ingénieuse que vraisemblable : il se figure que le soldat sarde avait avec lui une sorte de petit chariot ou de brouette, sur laquelle, en campagne, il mettait ses provisions de bouche, renfermées dans ce panier. Quand le panier aurait été vide, il l'aurait posé sur les cornes de son casque et aurait porté la brouette sur le dos. Inutile de démontrer (jue cet arrangement eût été peu pratique. Barthélémy a figuré cette statuette, de face et de dos, dans Ja planche 1 de son Mémoire sur les anciens monuments de Rome (t. XXVI H des Mémoires de Tancienne Académie des inscriptions). Dans la Gazette archéologique de 188t (p. 134), M. Robiou a décrit à nouveau cette statuette; c'est d'après la photographie qui accompagne son article que M. Saint-Elme Gciutier a dessiné le monument.
2. La Marmora s'était demandé si ces accessoires n'avaient pas été ajoutés par une main moderne.'^ MM. Pais et Pigorini ont examihé ensemble la figurine; leur impression a été que ces appendices étaient antiques et appartenaient bien à la statuette (Bulletin sanle, 1884, p. H4).
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LA SÂRDAIGNE.
n'est pas tenu par devant, comme dans les autres figures où nous avons
eu l'occasion d'en remarquer la forme : suspendu par une courroie, il tombe dans le dos. Le soldat le portait ainsi quand il n'avait pas à s'en servir, dans la marche par exemple, lorsqu'il voulait garder les mains libres.
On rencontre encore d'autres armes que l'épée, Tare et le poignard. Ainsi un personnage qui est vêtu d'un large et court manteau jeté par-dessus une tunique collante tient de la main gauche un lourd et noueux bâton d'olivier sauvage sur lequel il s'appuie, mais qui pourrait aussi servir de massue* (fig. 59). Un autre, quoique pourvu du bouclier, n'a d'autre arme offensive qu'une sorte de crochet dans lequel on peut peut-être chercher une hache de pieiTe, emmanchée à angle presque droit dans une tige de bois, type que l'on rencontre fréquemment parmi les nionuments dits préhistoriques (fig. 60).
Ce sont surtout des soldats que nous avons reconnus dans les figures décrites jusqu'ici ; il en est d'autres qui paraissent représenter plutôt des chasseurs. C'est bien certainement le cas pour une très curieuse statuette qui est entrée, au siècle dernier, dans le Cabinet du Roi (fig. 61)*.
i. Ce môme bâton à f];ros nœuds se retrouve dans la main gauche d'une figure d'une autre provenance, d'une des huit statuettes recueillies à Uta (n« 8 de la planche qui accompagne le Mémoire de Spano, Antico Larario sardo di Via), Là le personnage qui tient ce bâton porte de la droite, sur Tépaule, Tépée courte; mais le manteau est le même qu'à TetL
2. A voir cette figure et les deux suivantes, on ne saurait douter de leur origine sarde; mais Cayhis, qui les a publiées le premier, dit expressément que ces statuettes « trouvées