‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 40 sur 381 · Statuette. Hauteur · texte numérisé non relu

Statuette. Hauteur

Bibliothèque nationale.

Dessin de Saint-Elme Gautier.

STATUETTES ET BARQUES VOTIVES

Plus de casque ni de bouclier; pas d'autre arme qu'un poignard attaché sur la poitrine à un large, baudrier. Le personnage, coiffe d'un petit béret très bas, est muni d'un large havresac, de forme rectangulaire, qu'il porte sur le dos à l'aide d'un bâton crochu, dont la courbure s'appuie sur l'épaule gauche. De cette besace sortent deux têtes d'animaux, celles du gibier qu'a abattu le chasseur; C^aylus avait cru voir là des lapins, et son dessin se ressent de cette interprétation *.

L'exécution de l'original est si grossière, qu'il est difficile de dire quels sont au juste les animaux que le sculpteur, si l'on peut lui donner ce nom, a eus en vue; nous croirions plutôt qu'il a voulu représenter des oiseaux*. On remarquera aussi le costume du personnage. Par-dessus une tunique courte, qui s'arrête au milieu des cuisses, il y a un épais manteau d'un aspect rigide, garni d'une lourde bordure ; on le croirait volontiers en cuir; on serait tenté d'y reconnaître cette mastruca qui était l'habit national des Sardes ^ Le manteau serait fait tout simplement de deux peaux cousues par le haut, dont l'une couvrirait le devant et l'autre le derrière du ei. — Bronze sarde. Grandeur d'exécution.

Bibliothèque nationale.

.^ . , , j i»,i j o Dessia de Saint-Elme Gautier,

depuis quelques années dans 1 lie de Sar-

daigne, lui ont été rapportées d'Italie par

l'abbé Barthélémy, i Recueil cTantiquités, t. Ul, p. iOO. Barthélémy lai-même parle d'ailleurs de cette acquisition {Mémoire sur les anciens monuments de Rome, p. 595).

1. Caylus, Recueil d'antiquités, t. Ul, pp. 103-104, pi. XXVII, fig. 2.

2. On pourra en juger non seulement par notre dessin, mais encore par la photogravure qu'a publiée de ce monument la Gazette archéologique, 1885, pi. XXIV.

3. Voir les exemples cités dans Forcellini, s, v. Tite-Live (XXIII, 40) désigne certaines des tribus de l'intérieur par une épithète qui fait allusion à cette habitude : Sardi Velliti,

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corps; les poils étaient en dedans, pour tenir chaud. En Sardaigne, les patres de la montagne font encore usage de ce vêtement.

On est surpris de voir que presque toutes les statuettes sardes ont les pieds nus; il est difficile de croire que ces soldais, ces chasseurs et ces patres courussent dans le maquis sans chaussure. En tout cas, les sculpteurs sardes ont d ordinaire négligé ce détail. II n'y a qu'un très petit nombre de br0n7.es où soient indiquées tantôt des sandales, tantôt des espèces de bottes (fig. 62j*. En revanche, très souvent, comme ici,

le mollet est protégé par une jambière qui monte jusqu'au genou. Cette jambière était-elle faite de cordes tressées et cousues ensemble, de cuir ou de métal? Il est assez difficile d'en juger d'après ces représentations sommaires.

On remarquera aussi de curieux détails de costume dans une autre statuette du Cabinet de Paris, où elle est entrée avec celle que nous venons de décrire ; elle a probablement le même caractère (fig. 63). Le bonnet n'est plus le môme; c'est une sorte de petit casque à base dentelée, surmonté d'un court panache qui retombe par devant. Ce qu'elle a de très singulier, c'est la grosse corde qui fait plusieurs fois le tour du cou. Est-ce une cravate, comme nous dirions? Elle serait bien épaisse. On peut peut-être s'expliquer autrement ce bizarre détail du costume. Le personnage ici représenté porte sur l'épaule gauche le grand arc que nous avons plusieurs fois rencontré; celte corde qu'il a roulée autour de sa gorge, ne serait-ce pas une corde de rechange pour son arc? Ces montagnards toujours sur le qui-vive avaient besoin d'être en mesure de parer à tous les accidents. Peut-être celui-ci ne se servait-il pas seulement de l'arc, mais jouait-il aussi de la fronde. Par devant, il a, pendue à une courroie, une sorte de boîte ou de sac, que l'on se figure aisément plein de balles en argile ou en pierre; sur le dos, une autre lanière, qui passe de même sur les deux épaules, tient attaché à la hautem* des reins un objet dont le caractère, par suite de la rudesse du travail, n'est pas facile à déterminer; ce pourrait être la fronde même*.

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