LA CÉRAMIQUE
L'industrie du modeleur en argile et celle du potier paraissent avoir été moins cultivées chez les Sardes que celle du fondeur en bronze ; elles y sont restées tout à fait dans l'enfance. Les quelques figurines en terre cuite qui ont été trouvées à Teti sont tellement informes, que nous n'avons même pas essayé de les reproduire *• Quant aux vases que l'on a recueillis, soit dans les nouraghes, soit dans les tombes des géants , ils ne sont guère moins grossiers ^. Ils sont faits à la main ; aucun d'eux ne révèle la connaissance et l'emploi du tour ; on y distingue la trace du polissoir. La pâte est assez fine, mieux cuite que celle des vases de l'âge du bronze des lacs suisses, avec quelques grains de silex dans la terre. La couleur varie du noir au brun clair. Quelques vases portent à l'intérieur une sorte de vernis noir luisant alors que l'extérieur est rougeâtre. Les parois sont très épaisses.
Le caractère général de ces poteries est l'absence presque absolue de toute ornementation. Voici deux vases, qui proviennent d'une tombe, près de la Tança Regia (fig. 98 et 99). Le premier est tout ce qu'il y a de plus rudimentaire ; dans le second, on sent déjà un certain effort pour donner au galbe du vase une certaine élégance. Les formes les plus communes sont celles d'espèces de plateaux, avec ou sans anses,