II Rois, XXII
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L'HISTOIRE ET LA RELIGION D'ISRAËL. t55
qui devint le second et qui fut par moments le principal porsonna}î;e de rÉlal; ce qui n'avait d'abord été qu'une légère primauté se changea en une prééminence reconnue et en une sorte de monopole. Par l'hérédité des fonctions, il se constitua tout un clergé, qui vivait du temple et dans le temple; celui qu'il reconnaissait pour chef" en soignait les intérêts avec cet esprit de suite et cette ambition patiente qui distinguent partout la caste sacerdotale.
Ce but vers lequel on tendait depuis longtemps, on ne l'atteignit d'ailleurs que dans les derniers jours de la monarchie. Sous ce Josias, que l'on peut appeler « le roi des prêtres », Hilkija réussit enfin à débarrasser la Judée et le temple même de tous les autels où Ton adorait d'autres dieux que lahvé, de tous les simulacres qui lui faisaient concurrence jusque sur le seuil de sa demeure ; en même temps, ce qu'Hilkija et les siens avaient peut-être encore plus à cœur, on mit fin aux sacrifices qu'offraient à lahvé, sur les hauts lieux autour de Jérusalem, des prêtres indépendants, qui n'étaient pas affiliés au clergé du temple ; ces hauts lieux furent souillés, pour que Ton n'eût point l'idée d'y rétablir le culte*. Peut-être, pendant les trente et quelques années qui s'écoulèrent encore jusqu'à la chute de Jérusalem, plus d'un de ces autels proscrits fut-il relevé, plus d'une victime y fut-elle encore immolée ; mais l'effet n'en était pas moins produit ; la pompeuse cérémonie célébrée dans l'enceinte du temple, en présence de Josias et d'Hilkija, lorsque le Livre de la Loi avait été présenté et lu au peuple, les adjurations du roi et des prêtres, les serments prêtés au milieu de l'émotion générale , tout ce spectacle imposant avait fait pénétrer dans les âmes l'idée de l'unité du sanctuaire et l'y avait gravée profondément. Pour tout ce qui restait d'Israélites fidèles, débris ralliés de Benjamin et d'Éphraïm, enfants de Juda, le temple de Salomon était devenu le symbole même de la religion nationale, le « lieu fixe où lahvé demeurerait à toujours )>^, et où, par le sacrifice et la prière, se renouvellerait perpétuellement l'alliance conclue entre l'Éternel et son peuple.
Cette conviction ne fit que s'enraciner encore davantage dans Tesprit de la génération suivante , qui assista aux catastrophes suprêmes ; quand celle-ci fut partie pour la captivité , pendant les heures lentes des marches forcées sous le soleil, puis dans les conventicules secrets
\, II Rois, XXIII, 8-9. La mention des pains sans levain, que ces prêtres mangeaient au milieu de leurs frères, indique bien que dans ces deux versets il s'ajîit non pas de prêtres de Baal, mais de prêtres de lahvc^.