‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 77 sur 381 · V. / Rois, m · texte numérisé non relu

V. / Rois, m

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loi LA JUDKE.

de Saloinon, consécrateur du temple ; il y est beaucoup insisté sur les grâces qui seront accordées aux enfants d'Israël quand ils prieront lahvé en tournant leurs yeux vers le temple ; mais il n'y est dit nulle part qu'il soit désormais défendu de prier et de sacrifier ailleurs qu a Jérusalem*. Après le schisme, quand les ardents prophètes d'Israël, Élie et Elisée, luttent dans le royaume du nord contre les cultes chananéens et contre leurs prêtres, ce qu'ils reprochent à Achab et aux autres rois idolâtres, c'est d'être infidèles à lahvé; ils ne leur demandent pas d'aller porter à Jérusalem leurs prières et leurs ofifrandes. Élie luimême ne donne-l-il pas l'exemple d'offrir, sur le mont Carmel, un sacrifice que lahvé déclare accepter, en envoyant sa foudre enflammer le bûcher qui consumera les chairs de la victime^? U n'est pas question là, ni dans d'autres passages analogues, de Jérusalem et de son temple; 3ntrainé par l'admiration que lui inspire l'homme de Dieu dont il rapporte les miracles, le compilateur ne s'est pas aperçu que les légendes éphraïmites sont implicitement en contradiction avec , d'autres chapitres de son histoire.

Dans le royaume de Juda, les choses se sont passées tout autrement. Ce royaume était trop petit pour comprendre beaucoup de lieux de culte consacrés par d'antiques traditions, et ceux-ci étaient assez voisins de la capitale pour qu'il fût plus facile d'amener la population à les déserter graduellement au profit de Jérusalem. On devine comment s'accomplit ce changement dans les habitudes. Le temple n'avait été d'abord que la chapelle royale , un appendice du palais ; le prêtre qui y était attaché, ce Tsadok auquel Salomon confie la sacrificature', était ainsi, comme nous dirions, le chapelain du roi; par là même il se trouvait placé au-dessus de tous les autres prêtres du pays. Ce prêtre recueillit bientôt les bénéfices de cette dignité supérieure ; il céda à la tentation très naturelle de développer son importance et son rôle. D'année en année , il donna plus d'éclat aux fêtes du temple ; il accoutuma les Israélites pieux à fréquenter assidûment les saints parvis et, des redevances que l'on payait aux portiers de l'enceinte et aux sacrificateurs, il se fit un gros revenu, dont il employait une partie à réparer et à élargir les édifices sacrés *. Voilà comment l'ensemble de ces bâtiments ne cessa de s'agrandir et avec lui la situation du prêtre principal,

i . I Rois, viii.

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