S 2. — DESCRIPTION DU MONT MORIA
Par Taperçu qui précède, on connaît, dans ses grandes lignes, la topographie de Jérusalem ; on sait quelle apparence offrait la ville, à quoi nous pouvons la comparer. Il nous reste maintenant à nous établir sur le mont Moria, qui portait le seul édifice de la Jérusalem antérieure à l'exil que nous nous proposions d'étudier. L'essai de restauraition que nous osons présenter suppose une description circonstanciée de la colline que surmontait cet édifice et des restes antiques qui s'y conservent encore, soit audessus, soit au-dessous du sol.
Le Moria forme la croupe extrême d'un long contrefort qui court du nord au sud.
Son point culminant est hors de la ville, près des anciennes carrières que Ton appelle lagrotte
de Jérémte. De ce point, la crête naturelle se dirige vers l'angle nordouest de l'enclos connu sous le nom de Haram-ech-Chérif on « enceinte sacrée », s'infléchit à droite, passe par la Koubbet-eS'Sa/crâ ou « coupole du rocher », puis va se perdre dans la vallée de Siloam (fig. 109) *.
Le roc sous les remblais et les constructions du Haram. Recovery, t. î, p. 298.
1. Fig. i 10 : 1. Le roc sacré. 2. Roc taillé. 3. Fossé creusé dans te roc.
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Pour retrouver el définir ainsi le relief du roc et la direction de cette arête, il a fallu soulever en quelque sorte la surface du sol et regarder en dessous, au moyen de sondages nombreux, qui ont été exécutés, en J867, 1868 et 1869, sur tout le pourtour extérieur du Haram, par les capitaines Warren et Wilson, officiers du génie anglais^ aux frais de la Société dite Palestine exploration fimd^. On savait depuis longtemps, d'une manière générale, que toute une suite de travaux, entrepris sur ce point, en différentes fois, au cours des siècles antiques, avait singulièrement changé l'aspect du sol primitif ;• mais c'est seulement depuis les recherches auxquelles nous venons de faire allusion que Ton peut se faire une idée exacte de la nature et de l'importance de ces travaux. Supposez au-dessus du roc deux ou trois pieds de cette maigre terre végétale qui recouvre les collines de la Judée là où la pierre n'affleure pas, et, dans l'esquisse topographique que nous avons empruntée aux explorateurs anglais, vous aurez , dessinée par des courbes de niveau, l'image restituée du mont Moria, tel que le trouvèrent David et Salomon quand ils commencèrent à y jeter les fondations de leurs édifices. Vers le milieu de l'enceinte du Haram actuel, la crête offrait un espace d'une centaine de mètres en long sur trente ou quarante de large qui n'était sans doute pas plan, mais qui pouvait être aplani sans grand effort. Cet élargissement naturel de la crête portail
1. Pour avoir une idée de la manière dont ces travaux ont été conduits et des difficultés sans cesse renaissantes au milieu desquelles il a fallu les poui*suivre, on consultera surtout le premier volume de The Recova*y, presque entièrement formé de fragments du journal de fouilles que tenaient les explorateurs. Cette forme comporte bien des redites et une accumulation de détails qui sont loin d'offrir tous le mAme intérêt. H n'est pas toujours aisé de s'y reconnaître et d'en dégager les résultats généraux. On regrettera que les deux auteurs, qui coimaispaient si bien le mont Moria et tous ses dessous, n'aient pas eu la pensée et le loisir de nous en donner une description niétbodique. Ils en ont été empêchés par les nécessités de leur carrière, par les services que l'Angleterre leur a demandés de lui rendre en Asie et en Afrique. Le capitaine Wilson, aujourd'hui Sir Charles Wilson, est le brillant officier qui s'est si fort distingué d<ins la campagne du Soudan et qui a failli arrivera temps pour sauver Gordon. Sir Charles Warren commande les troupes anglaises dans l'Afrique australe. Le travail dont notre figure HO donne un échantillon n'a pas été fait seulement pour le mont Moria. Profitant de plus de 250 sondages exécutés sur divers points, le capitaine Conder a pu dresser une carte de tout le sous-sol de Jérusalem, de tous les reliefs et de tous les creux du rocher sur lequel la cité ^'est bâtie; il en donne la réduction dans le Palestine Exploration fUnd, Quarterly StatementSf 1873, p. \o\. Cette même carte se trouve à une bien plus grande échelle, sous le titre de Rock contours of Jérusalem (pi. H et Ul) dans l'atlas publié aux frais de cette même société (Plans, élévations, sections, etc. showing theresultsofthe Palestine exploration fùml, by caplainCh. Warren, R. E., 1884; 50 planches grand in-f<* dans un portefeuille). Cette carte aide beaucoup à comprenilre la description que fait Josèphe de la Jérusalem de son temps; on y distingue des mouvements de terrain ([ue ne permet même pas de soupçonner l'état actuel de la ville.