‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 118 sur 440 · IRois, vu · texte numérisé non relu

IRois, vu

blissant leurs bâtiments sur des sols artificiels, sur de vastes et puissantes substructions ; d'ailleurs, pour régler l'ordonnance d'un édifice comme celui que l'on appelait la maison du Liban, avec sa charpente compliquée, il fallait avoir l'habitude d'employer et d'assembler ces grandes pièces de bois que les Phéniciens tiraient de leurs montagnes et qu'ils expédiaient en Egypte et en Assyrie. L'architecte de Salomon dut être, comme nous dirions, quelque gros entrepreneur giblite qui acheva de faire sa fortune dans les travaux de Jérusalem.

En attendant que nous essayions de restituer une portion tout au moins de son œuvre, le temple, nous ne voulons retenir ici, de tout ce qui nous a été transmis au sujet de cette entreprise, que deux renseignements, qui peuvent aider à la solution du problème dont nous avons posé les données.

Salomon a construit en très grand appareil, surtout dans la partie basse des murs, dans celle qui servait de fondation et que, par conséquent, nous pouvons nous attendre à retrouver en place. Voici le texte capital, dont la précision ne laisse rien à désirer : « Tous ces bâtiments étaient en pierres de prix, des pierres de taille selon les mesures, sciées à la scie, au dedans et au dehors, depuis les fondements jusqu'au chaperon, et depuis le dehors jusqu'à la grande cour. Et les fondements étaient en pierres de prix, de grandes pierres, des pierres de dix coudées et des pierres de huit coudées1. Et, au-dessus, il y avait des pierres de prix, des pierres de taille selon les mesures, et du cèdre. Et la grande cour avait, tout alentour, trois rangées de pierres de taille et une rangée de poutres de cèdre, et (de même) le parvis intérieur de la maison de l'Éternel et le portique de la maison*. » Salomon a commencé les remblais qui étaient nécessaires pour créer, sur la déclivité de la colline, les terrasses qui devaient porter ses palais et, à un niveau supérieur, le temple et ses parvis; jamais l'aplanissement de l'étroite crête du mont Moria n'aurait suffi à fournir des espaces assez vastes, les surfaces où pourraient se développer à l'aise ces bâtiments et leurs dépendances. La Bible n'entre dans aucun détail à ce sujet; mais nous avons le témoignage de Josèphe3 : celui-ci a connu, dans sa jeunesse, des vieillards qui avaient encore vu l'en-

\ . On s'accorde à croire (c'est à la fois l'avis de Saulcy et de Stade) que la coudée dont il est ici question n'est autre chose que la coudée royale égyptienne, qui est évaluée àOm,525 (Hultsch, Griechische und Romische Métrologie, 2e édition; Berlin, 1878, p. 354). Cette mesure aurait été transmise aux Juifs par l'intermédiaire des Phéniciens.

2. IRois, vu, 9-12. Cf. IRois, v, 17. Josèphe, Antiquités judaïques, XVII, xi, 3; XX, ix, 7.

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