I Rois, v, 18; II Chroniques, ir
TOHB IV. 26
Quel fut l'architecte qui eut la haute main sur l'entreprise, qui traça les grandes lignes de l'ensemble et en régla tous les détails, comme le firent à Athènes Phidias pour les constructions de l'Acropole, sous Périclès, et le Bramante au Vatican, avec Jules II? Avonsnous son nom? Nous serions tentés de le croire, de chercher et de reconnaître le directeur des travaux dans cet Hiram ou, comme l'appellent les Chroniques, Hiram-Abi, auquel les rédacteurs des deux histoires parallèles font une si grande place dans leur; narration et dont ils vantent à l'envi la merveilleuse habileté; c'était, nous dit-on, « le fils d'une femme veuve de la tribu de Nephtali, et son père était Tyrien, ouvrier en airain ! » ; Salomon le « fit venir de Tyr * » ; mais si le rédacteur des Chroniques, avec sa tendance habituelle à l'amplification, le représente comme également supérieur dans tous les arts, comme la personnification même de la maîtrise universelle3, pour l'auteur des Mois Hiram-Abi n'est que « rempli de sagesse, d'intelligence et de connaissance pour faire tous les ouvrages en airain4 ». L'annaliste donne ensuite l'énumération et la description de tous les objets en bronze que Hiram-Abi fabriqua pour Salomon, et il indique même l'endroit où il avait établi son atelier, où il coula toutes ces pièces 5.
Tout en s'occupant plus particulièrement des travaux qui rentraient dans sa spécialité, Hiram-Abi a pu avoir une situation prépondérante, exercer une sorte de surveillance générale; on s'expliquerait encore mieux ainsi que, de tous les artistes employés par Salomon, il fût le seul dont le nom, à Jérusalem, n'eût pas été oublié par les générations suivantes. Peut-être aussi Hiram-Abi ne doit-il ce privilège qu'au caractère de ses œuvres; en visitant le temple, on s'arrêtait devant ces bassins et ces figures où s'était surpassée l'industrie phénicienne ; c'était là surtout ce qui frappait les yeux, ce qui provoquait les questions; la curiosité s'attachait beaucoup moins aux fondements de l'édifice et à son gros œuvre qu'à sa décoration et à son riche mobilier. Voilà comment, tandis qu'Hiram-Abi restait célèbre, l'architecte aurait été bientôt oublié. En tout cas, cet architecte, Hir^m-Abi ou un autre, ce fut un Phénicien. Faute d'espace, les Tyriens, dans leur étroit îlot, avaient appris déjà depuis longtemps à gagner du terrain sur la mer, en éta-