‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 134 sur 440 · tome iv · texte numérisé non relu

tome iv

226 LA JUDEE.

techniques dont la signification précise leur échappe, de certaines phrases trop concises dont ils ne comprennent pas le sens. L'embarras existait déjà pour les traducteurs alexandrins, qui se sont souvent bornés à transcrire maints termes spéciaux sous leur forme hébraïque, sans essayer de les traduire. Enfin, le texte même n'est pas partout bien sûr ; les Septante ont souvent des leçons qui diffèrent sensiblement de celles du texte hébraïque1. Nous ne nions pas ces difficultés ; mais ce qui contribue peut-être à les faire paraître plus graves et plus insolubles qu elles ne le sont en réalité, c'est que ni les auteurs de la version grecque ni les hébraïsants modernes n'étaient architectes et archéologues. Les premiers n'ont songé qu a mettre un livre d'édification entre les mains de ceux de leurs compatriotes et de leurs prosélytes qui savaient mal ou qui ne savaient pas l'hébreu. Quant aux commentateurs, même aux plus savants, ils n'avaient, en général, reçu qu'une éducation toute philologique; ils ne s'intéressaient pas assez aux choses de l'art et n'en connaissaient pas la langue : ils n'ont pas assez consulté les hommes du métier; surtout ils ont eu le tort de ne compter que sur le dictionnaire, qui souvent ne leur répondait pas, de ne point essayer d'éclaircir par un dessin les parties de la description qui les gênaient le plus2.

Prenez les mots mêmes qui résistent à tous les efforts de l'analyse étymologique et grammaticale ; presque toujours l'expérience et le coup d'œîl du constructeur réussiront là où aura échoué la science du linguiste : la transcription graphique démontrera l'exactitude ou tout au moins la vraisemblance de l'interprétation proposée.

On a aussi parlé du vague de cette description. Il faut s'entendre à ce sujet ; l'expression n'est pas juste. Il ne saurait être question de vague là où les dimensions de l'ensemble et des différents corps de bâtiment sont indiquées par des chiffres, avec une rigoureuse précision, là où le guide à la suite duquel nous parcourons toute l'enceinte sacrée marque si nettement le caractère et la destination de chacune des parties de l'édifice. Ce qu'on peut dire, c'est que la description est insuffi-

Page 1