‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 143 sur 440 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

242 LA JUDEE.

dances qu'avait forcé d'ajouter au noyau primitif le développement du culte et la multiplication du clergé. Ce temple, agrandi et transfiguré par une indomptable espérance et par la méditation solitaire, au lendemain même de la catastrophe où le modèle avait disparu, c'est le dernier mot de l'ambition sacerdotale; c'est aussi le plus puissant effort que le génie hébraïque se soit imposé pour traduire ses idées par des formes sensibles, par une combinaison de lignes assujetties aux lois du nombre; c'est sa plus belle œuvre d'art; on peut même dire que c'est la seule qu'il ait produite. S'il en est ainsi, s'étonnera-l-on que nous ayons cédé à la tentation d'entreprendre le travail qu'a interdit aux Juifs renvoyés à Jérusalem par Cyrus l'étroitesse de leur fortune réduite, et nous saura-t-on mauvais gré d'avoir voulu ressusciter le monument grandiose dont l'image, flottante entre ciel et terre, avait si souvent passé devant les yeux du voyant, au cours des longues rêveries de l'exil?

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