LE TEMPLE D'ÉZÉCHIEL
i. — LE PLAN
Le premier renseignement à tirer du texte d'Ézéchiel, c'est que le temple, à prendre le mot dans le sens le plus étendu, ou, pour mieux dire, l'enceinte sacrée, forme un carré qui a 500 coudées de côté (fig. 126). Ce chiffre ne nous est pas donné au début de la description ; mais on le trouve à la fin, si Ton entend les derniers versets du chapitre xlh, et le verset 2 du chapitre xlv, comme l'ont fait les Septante1. On arrive d'ailleurs au même résultat, en faisant l'addition des chiffres par lesquels sont représentées les dimensions des bâtiments et des cours qui se succèdent en profondeur dans cet enclos. La
coudée dont il est question ici est, selon la plupart des commentateurs, la coudée royale égyptienne, de 0m,525. La question n'a d'ailleurs qu'une importance très secondaire ; la coudée est surtout ici un
i. Ézéchiel, xl, 45-20; xlv, 2. Reuss veut que l'unilé de mesure employée dans ces passages soit la perche et non la coudée. Le temple serait alors au centre d'un vaste carré de 225 hectares, dont il n'occuperait que 625 ares; tout l'espace compris entre les faces du grand et du petit carré serait perdu; il ne servirait qu'à isoler le sanctuaire. Le prophète se préoccupe bien d'obtenir ce résultat ; mais il se contente à meilleur marché ; il dit expressément qu'autour du carré qui formera le sanctuaire il y aura un espace libre de 50 coudées (xl, 2). Nous ne comprenons pas que Reuss ne se soit pas aperçu de la contradiction qu'il y aurait entre ce passage, tel même qu'il le traduit, et l'interprétation qu'il a donnée des versets cités plus haut. Ici, une bande de terrain de 50 coudées suffirait, tandis qu'ailleurs celte même bande serait donnée comme ayant 1250 coudées! Smend a très bien reconnu que partout où n'est pas indiquée l'unité de mesure, c'est le mot cowlécs qu'il faut sous-enlendre.