‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 159 sur 440 · Ta., xl, H-iH · texte numérisé non relu

Ta., xl, H-iH

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allusion à la différence de niveau des deux cours principales. Ce dallage n'est d'ailleurs pas tout entier libre et dégagé; Ézéchiel, débouchant par la porte orientale dans la grande cour, voit, dit-il, trente chambres sur le dallage. Faut-il prendre ce chiffre au pied de la lettre? Qu'on 'lui attribue une valeur absolue ou seulement approximative, faut-il croire que ce chiffre comprenne toutes les chambres ménagées sur les quatre côtés de la cour ou qu'il s'applique seulement à celles de la face orientale? Nous pencherions vers cette dernière hypothèse; après avoir franchi le seuil, Ézéchiel se retourne, il regarde et il indique ce qu'il aperçoit à droite et à gauche. Si cette mention ne revient pas après la description des deux autres portes de ce parvis, c'est qu'il ne décrit celles-ci que très sommairement; du moment que les portes sont pareilles, il doit en être de même du dallage qui les encadre et des bâtiments qu'il supporte. Trente chambres, ce serait d'ailleurs trop peu pour meubler les côtés de cette vaste esplanade. Il est vraisemblable qu'il y en avait à peu près ce nombre sur chacune des faces. Le mot hébreu que l'on a traduit par chambres est d'ailleurs loin d'avoir un sens précis; il peut s'entendre à la fois de magasins, déloges où couchaient les esclaves, d'appartements qui servaient de demeures ou de bureaux à des personnages plus ou moins importants1. Rien n'oblige à supposer qu'un type unique ait été adopté pour ces bâtisses. On y a mis ici une diversité qui ne nuit pas à la symétrie. Toutes les constructions sont adossées au mur d'enceinte; les plus profondes, de petites maisons, ouvrent sur le dallage, et les autres, de simples cellules, sur le portique qui figure au milieu des faces, dans le voisinage des portes. Les groupes similaires ont partout été assujettis aux mêmes alignements.

Le texte ne parle pas de portique; mais s'il n'y en avait pas eu, tout au moins sur une partie du pourtour de ce parvis, où donc la foule qui fréquentait cette esplanade aurait-elle pu trouver un abri, Télé contre les ardeurs du soleil, l'hiver contre les pluies souvent torren-

\ . Dans l'Ancien Testament, il est fait d'assez fréquentes allusions à ces salles. Jérémik (xxxv, 4) mentionne la salle des fils du propfwte Hanan^ laquelle est à côté de la salle des ministres, au-dessus de celle du garde du seuil. Ailleurs (xxxvi, 10), il parle de la salle de Gemargia, fils du secrétaire Safan, dans la cour supérieure, à Centrée de la porte neuve du temple. Voir aussi ïl Rois, xxm, il, où il est question du logis de l'eunuque Méthanmélec, qui habitait le Parvar, et Néhémie (x, 38-39), qui parle des chambres et des greniers de la maison de Dieu. Comme aujourd'hui les mosquées, le temple devait comprendre ce que les musulmans appellent la médressé, c'est-à-dire une école, où Ton enseignait à lire et à expliquer la loi. Tout cela suppose un assez grand nombre de pièces plus ou moins spacieuses.

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tielles? Le portique était trop nécessaire, il était trop dans les habitudes du pays et du temps pour que l'architecte ne lui ait pas réservé sa place autour du parvis, et c'est peut-être pour ce motif qu'Ézéchiel ne s'arrête pas à le décrire. En tous cas, il y fait allusion, là où, voulant donner une idée des édifices à trois étages qui flanquaient les deux cours latérales du temple, il dit qu'ils ri avaient pas de colonnes pareil /es aux colonnes des cours1. On a beaucoup cherché ce que pouvaient être ces colonnes des cours ; le plus simple n'est-il pas d'y reconnaître les supports de ces galeries couvertes que nous avons rencontrées partout s'étendant à l'entour du temple sémitique, que nous l'ayons étudié en Phénicie et à Cypre, dans le maabed dAmrith et dans les images que nous avons des sanctuaires de Byblos et de Paphos, ou que nous l'ayons retrouvé, avec les principales dispositions qui le caractérisent, dans la grande mosquée de la Mecque et dans celle de Touloun, au Caire *.

De la cour extérieure nous passons à celle que l'on appelait la cour intérieure1, la cour des prêtres*, la cour supérieure5. Les laïques n'y étaient admis que dans certains cas, sous certaines conditions; elle était, en règle générale, réservée au clergé, qui y vaquait à l'accomplissement des fonctions sacerdotales; elle pouvait donc, sans inconvénient, être beaucoup plus petite. On y pénétrait par trois portes, placées en face des portes de la cour extérieure, dont elles étaient la copie, pour tout ce qui concerne les dimensions et la disposition6. 11 y a seulement une différence à noter, que le texte indique assez clairement : ces trois portes étaient comme retournées ; leurs pylônes ne se dressaient pas au-dessus du champ de la cour intérieure; ils regardaient ceux des portes du parvis d'Israël7. L'effet architectural avait, semble-t-il, été calculé en vue de la grande cour ; c'était de là que le monument devait produire la plus forte impression, lorsqu'on entrait dans l'enceinte par l'orient et qu'après avoir franchi la première porte on s'avançait vers la seconde. On voyait alors se lever devant soi tous ces majestueux pylônes qui se faisaient pendant sur les deux faces du

y, iêzécHiEL, XLII, 16.

fjistoire de CArt, t. III, p. 245, 266, 315-318. L'inscription de Iehaw-Melek mentionne a ^**-*-ique et des colonnes parmi les ouvrages qu'a fait exécuter le roi en l'honneur de ^/s^^Bâtîtresse de Gebal » (Corpus inscr. semit. Pars n° 1, ligne 6). "3^ X Jtow, vi, 36.

^ IJT Chroniques, îv, 9.

^ -s urémie, xxxvi, 10.

&. Ézéchiel, xl, 28-33.

1 - I«i., xl, 31 : « Et ses piliers regardaient la cour extérieure... »

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parvis, toutes ces tours élancées qui dominaient de si haut les portiques et la longue suite des bâtiments sacrés.

Dans ces portes intérieures, telles que nous les avons restituées, nous signalerons aussi une disposition particulière que nous y avons introduite; le texte ne l'indique pas; mais elle se justifie par des considérations qu'un architecte ne saurait manquer d'apprécier. Pour les raisons exposées ci-dessus, nous avons cru devoir faire régner tout autour du parvis un portique qui ne s'interrompt que devant la saillie de la façade du temple. La cour, nous l'avons vu, formait un carré de 100 mètres de côté. Prendre sur cette surface la profondeur du portique, c'était la rétrécir outre mesure; c'était laisser trop peu de place pour circuler autour de X autel des holocaustes, de la mer d'airain et des autres bassins placés dans cette cour. Cette profondeur de la galerie, il vaut donc mieux l'imputer sur les 50 coudées de longueur de la porte ; on y arrive en faisant entrer dans ces 50 coudées une sorte de vestibule extérieur, que constitue le palier ménagé sous le portique, entre deux colonnes dont Técartement est double de celui des autres supports du portique. Une différence de coloration, une légère surélévation de la dalle qui servait là de seuil pouvait rendre plus sensible le sens et le caractère de cet arrangement, grâce auquel on prolonge jusqu'à la cour même, en traversant la galerie, le système de la porte, la série des éléments variés dont elle se compose.

Du côté opposé à la cour, près de l'autre seuil, on reconnaîtra, aux quatre tables qui y sont indiquées, ce vestibule où l'on devait laver l'holocauste1. Les autres tables dont il est question dans le texte et dont la place n'est pas indiquée 2 pouvaient se trouver, soit dans la cour, soit dans le bâtiment que nous avons posé à droite et à gauche des portes, derrière la galerie couverte, sur trois faces de la cour. Ce bâtiment n'est pas décrit par le prophète; mais il y est fait une claire allusion dans ce verset: « Et les crochets, longs d'une palme, étaient fixés à l'édifice tout autour, et sur les tables la chair des offrandes3. » Dans un temple où Ton égorgeait tant de victimes, il fallait nécessairement des pièces où se fît le dépeçage des chairs, et l'on ne saurait chercher ces pièces ailleurs que sur les flancs du parvis où se faisaient les sacrifices; c'est bien là Y édifice tout autour dont parle le texte. Ces salles, nous les avons conçues comme un portique ouvert par devant,

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