‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 158 sur 440 · xl · texte numérisé non relu

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256 LA JUDEE.

vestibule, celui qui a le mieux droit à ce titre. Sa dimension est plus considérable que celle du vestibule antérieur; au lieu de 5, il y a ici 8 coudées de profondeur1. Ce qui achève de définir le caractère de cette portion de l'édifice, c'est qu'elle offre une élévation bien plus sensible que l'autre façade du bâtiment. « Il fit les piliers de 60 coudées (tous les interprètes ont compris qu'il s'agissait là de la hauteur) et au pilier succédait la cour qui régnait tout autour2. » Ces derniers mots suffisent à prouver que les piliers de 60 coudées n'ont pu être dressés que du côté de la cour ; vers l'extérieur, la porte est dans l'alignement du mur d'enceinte ; elle ne déborde pas sur lui ; il n'y a pas de cour, à droite et à gauche du bâtiment. Il y a là, dans le texte, une mention que n'ont comprise aucun de ceux qui ont essayé de restaurer cette porte ; c'est celle des 2 coudées attribuées aux piliers 3. On a cru que cette cote indiquait la largeur de la base sur laquelle étaient montés les piliers, et l'on a crié à l'invraisemblance, on a déclaré inadmissibles ces espèces d'obélisques qui auraient eu environ 30 mètres de haut pour 1 mètre de pied. 11 y a là une méprise4. La cote en question ne représente point la largeur de la base, mais la saillie que font ces piliers sur le corps de la façade. Cette saillie, Ézéchiel l'a notée après avoir franchi le seuil, au moment où il débouchait dans la cour. La mesure est prise dans le sens de la profondeur sur l'axe longitudinal de 50 coudées qui traverse la porte du dehors au dedans.

La largeur de la base sur laquelle s'élevaient ces piliers ne nous est pas donnée par le texte ; c'est par le raisonnement et à l'aide de l'analogie qu'on la détermine. En reconstruisant le plan, on est amené à considérer le vestibule postérieur comme la partie inférieure d'un pylône qui rappelle, à certains égards, ceux que l'Egypte construisait en avant de ses temples. Il y aura lieu de chercher, dans la suite de cette étude, par quels traits le pylône phénicien se distinguait du pylône égyptien et s'il ne se rapprochait pas davantage de celui de l'Assyrie ; pour le moment, il nous suffit de constater qu'il y avait là une construction qui, prise dans son ensemble, offrait tout au moins

i . ÉZÉCHIFX, XL, 9.

2. Id., xl, 14. Les Septante ont ici un texte inintelligible, avec des chiffres différents.

3. Id.t xl, 9 : « Et il mesura le vestibule de la porte, 8 coudées, et ses piliers, 2 coudées. »

4. Reuss avait entrevu la vérité; quand il fait le calcul des éléments qui composent la dimension totale de 50 coudées en longueur donnée par le texte, il y fait entrer les 2 coudées des piliers (note 9); mais ailleurs (note 40) il semble avoir oublié ce qu'il a dit plus haut; il parle d'une « base d'un mètre ».

TOMK IV.

les caractères principaux de ce type bien défini1. Ici, de même qu'en Egypte et en Assyrie, il y a, des deux côtés du passage, deux piliers ou tours, comme on voudra les appeler, qui dépassent de beaucoup en hauteur et le couronnement de la porte proprement dite et les bâtiments contigus. La hauteur de la construction ne peut croître sans que l'épaisseur de la base augmente en proportion ; nous ne saurions donc faire porter tout le poids de ce pylône par un mur très mince, semblable à celui qui ferme, au fond, les corps de garde ; il faut ici, dans l'intérêt de la solidité, des murs bien plus massifs, ce dont il résulte que les tours, des deux côtés, déborderont sur le corps central de l'édifice. Nous arrivons ainsi forcément à assigner au front du pylône qui regarde la cour une largeur de 30 coudées, qui donne au bâtiment monté sur cette base l'assiette qui lui est nécessaire. On remarquera d'ailleurs que le rapport de la hauteur à la base se trouve être, de celte manière, ce rapport du double dont l'architecte, comme nous l'avons déjà constaté plus d'une fois, a fait si souvent usage dans l'ordonnance de son plan.

Nous voici dans la cour que nous avons appelée, lors du premier coup d'œil jeté sur le plan, la cour intérieure ; c'est celle que l'on nommait le parvis du peuple ou parvis d'Israël, parce que l'entrée n'en était permise qu'aux Israélites, et que tous les fils du peuple élu avaient le droit d'y circuler librement. Elle était très fréquentée, même les jours ordinaires, comme l'est encore aujourd'hui, en Orient, à Constantinople ou au Caire, la cour de toute mosquée un peu importante; les jours de fête, une foule très nombreuse devait s'y répandre pour s'aboucher avec les prêtres et accomplir par leur ministère les rites prescrits. Aussi, à elle seule, cette cour occupe-t-elle à peu près les deux tiers de la surface comprise dans l'enceinte; elle enveloppe, sur trois côtés, la cour intérieure ou parvis des prêtres et le temple avec ses dépendances. On y accédait par trois portes, situées à l'est, au sud et au nord. Nous avons décrit la porte orientale ; le texte dit formellement que les portes méridionale et septentrionale présentaient les mêmes dispositions et qu'elles avaient les mêmes dimensions*.

Entre ces portes, sur tout le pourtour du parvis extérieur, sauf de la face orientale où il était interrompu par les bâtiments de l'arrièrecour, régnait un dallage que le texte appelle le dallage inférieur2, par

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