TOME IV
seiice, devant l'entrée du sanctuaire, de piliers qui, n'ayant aucune fonction constructive, ne servant pas de supports, jouaient là à peu près le même rôle que les obélisques devant les temples de l'Egypte !. Il y eri avait qui, comme à Gadès ou à Tyr, faits de métal ou de quelque substance précieuse, comme l'émeraude ou le verre coloré, n'avaient que quelques mètres de hauteur ; mais d'autres atteignaient une grande élévation. Lucien attribue 30 orgyies, c'est-à-dire environ 55m,50, à ceux qui se dressaient à Hiérapolis , en avant du temple d'Àtergatis et qu'il appelle des phallus-. Quel aspect offraient ces piliers et comment ils dominaient de très haut les portiques qu'ils précédaient, c'est ce que fait très bien comprendre une médaille dont de nombreux exemplaires nous ont été conservés, celle où l'on a représenté, à l'époque romaine, une sorte de vue perspective du célèbre temple de Paphos3. N'ayant ni le granit des carrières de Syène ni des ouvriers habitués à le travailler, les Phéniciens ont modifié, pour l'adapter aux matériaux dont ils disposaient, le type de l'obélisque, qu'ils avaient appris à admirer en Egypte; par une sorte de compromis qui est bien dans l'esprit de leur art éclectique, ils ont construit l'obélisque en pierre, comme une sorte de tour; celui-ci n'est plus alors, au moins par toute sa partie inférieure, qu'une applique faisant une saillie plus ou moins marquée sur le corps du bâtiment au-dessus duquel monte sa tête, terminée non plus par une pointe aiguë, mais par une échancrure qui rappelle l'embrasure comprise entre deux créneaux.
11 n'est pas douteux que le temple ait été bâti sous l'influence directe de l'art phénicien ; nous étions donc autorisés à introduire et à employer ici toutes les formes architecturales qui appartiennent en propre à la Phénicie ; mais, pour celle qui nous occupe en ce moment, nous ne sommes pas obligés de nous en tenir à cette affirmation générale. Elle était encore, peu de temps avant le commencement de notre ère, dans les habitudes des architectes juifs ; nous la rencontrons à la porte même de Jérusalem, dans un de ces monuments funéraires qui, soit sous les Asmonéens, soit plutôt sous la dynastie iduméenne, ont été taillés dans les rochers qui dominent à l'est la vallée du Cédron. Ce qui empêche d'dttribuer à ces tombeaux, comme Saulcy a voulu le faire, une plus haute antiquité, c'est que dans tous on reconnaît, à première vue, des éléments qui portent le cachet de l'art grec ; cependant, à côté de