Mur de clôture de la cour intérieure
trancher la question; cependant ils semblent plutôt favorables à cette
dernière hypothèse. C'est celle-ci que nous avons adoptée, et si nous
n'avons pas hésité à le faire, c'est surtout
que ce parti nous paraissait plus conforme
aux traditions de l'architecture religieuse
des Phéniciens. On n'a pas oublié les
exemples que nous avons cités de ces
stèles ou colonnes isolées que l'on rencontrait en avant des temples de la Syrie et
de Chypre1. Sur les stèles consacrées h
Tanit qui ont été retrouvées en si grand
nombre dans les ruines de Carthage, on
voit quelquefois représenté, d'une manière
sommaire, un petit temple devant lequel se
dressent deux de ces colonnes isolées ; nous reproduisons ici un des
bas-reliefs de ce genre où l'on peut le moins se méprendre sur le sens
de l'image (fig. 150). Nous ajouterons encore à cette liste un petit
monument qui, mieux qu'aucun
autre, paraît, malgré ses très faibles
dimensions, pouvoir donner une juste idée de la manière dont étaient
disposées les colonnes fondues par
Hiram pour Salomon. C'est un modèle en terre cuite que possède le Louvre ; on incline à y reconnaître l'image réduite d'un temple, peutêtre d'un temple d'Astarté2. A première vue, les colonnes semblent porter l'auvent qui fait saillie audessus de la porte; mais, si l'on y regarde de plus près, on reconnaît que le fût se termine par un chapiteau en forme de fleuron, qui ne parait pas fait pour servir de support; la pointe qui en sort aurait difficilement joué le rôle de coussinet. L'espèce de socle que le mur projette en avant, des deux côtés de l'entrée, indiquerait plutôt que les colonnes étaient à une certaine distance
i. Histoire de l'Art, t. III, pp. 119-122. 2. Ibid., fig. 208.