Josèphe, Ant. jud., VIII, m
disposition les forêts du Liban, alors si riches en essences précieuses et en arbres plusieurs fois séculaires. De belles pièces de bois, d'une grandeur et d'une résistance exceptionnelles , c'était un des luxes que recherchaient le plus les architectes d'alors et les princes pour lesquels ils travaillaient.
Nous connaissons les hauteurs du hécal et du debir, au moins pour le temple de Salomon1; elles étaient de 30 et de 20 coudées. Mesurée à l'intérieur, l'élévation du vaisseau décroît ainsi, de l'entrée au fond, comme dans les temples égyptiens. Cette différence de hauteur ne s'accusait pas extérieurement, croyons-nous, par un ressaut de la toiture; nous avons supposé, avec divers interprètes, au-dessus du Debir 9 une chambre haute de 10 coudées qui permet de continuer jusqu'au bout la ligne horizontale de la terrasse; c'est ce que montre notre planche V, qui donne une vue latérale du temple, prise au nord du parvis d'Israël*. Le décrochement du toit aurait produit à l'œil un mauvais effet; il aurait donné à la partie postérieure de l'édifice quelque chose de grêle et d'étriqué. Nous avons remédié ainsi à l'un des défauts que présente la physionomie du monument dans la plupart des essais de restitution qui ont été proposés ; mais il restait encore une difficulté que nous ne pouvions méconnaître. Entre ce grand pylône de 120 coudées et le bâtiment de 30 coudées qui y est attenant, il semblait y avoir une disproportion fâcheuse, qui aurait surpris et inquiété le spectateur, et ce qui la rendait plus sensible encore, c'était l'aspect mesquin que l'on avait toujours donné à ce bâtiment, composé de trois étages de cellules, qui, dans le temple d'Ézéchiel comme dans celui de Salomon, entoure le sanctuaire; on s'était contenté d'élever des murs verticaux dans lesquels on avait percé de petits jours qui ressemblaient à ceux d'une manutention. Les murs qui séparent les cellules donnent en plan de véritables éperons; ce caractère, qu'ils tiennent des dispositions de l'édifice, nous le leur conservons en plaçant les fenêtres des trois étages de cellules dans un mur de remplissage disposé en arrière-plan sur une faible profondeur. Les extrémités de ces cloisons forment ainsi autant de piliers d'une saillie très marquée, où l'alternance des creux et des