I) APRES LES DESCRIPTIONS BIBLIQUES
HKSTIFîjTIÛN PAR CH. CHIPIEZ.
de la colonne et, d'autre part, le compte en est plus aisé; il suffit de le faire pour une des faces, et le plus simple des calculs fournit le total que nous a transmis l'historiographie hébraïque. Les deux plans cijoints (fig. 165 et 166) concourront, avec l'élévation géométrale donnée dans les planches VI et VII, à faire comprendre l'économie du système que nous avons adopté.
Dans cette disposition, ce n'est plus sur une moulure secondaire, comme le tore, que se développe le treillis; il vient recouvrir tout le champ de la partie bombée qu'encadre, par le haut et par le bas, le double cordon de grenades. Comme il occupe plus d'espace, les mailles s'élargissent; le réseau qui les forme prend une saillie plus franche et plus ferme ; cet ornement acquiert ainsi une valeur décorative qui est mieux en rapport avec l'importance que lui attribue la description. La grenade est bien un ornement phénicien; sur ces stèles carthaginoises, dressées en l'honneur de Tanit face de Baal, que nous possédons maintenant en si grande quantité, le lapicide a plusieurs fois représenté des colonnes isolées, semblables à Iakin et Bo'az, qui portent à leur sommet une ou plusieurs grenades (fig. 167 et 168). Il est probable que ce fruit avait un sens symbolique ; les nombreux pépins qu'il renferme étaient l'emblème de la vie et de sa puissance de renouvellement.
Avec le parti que nous avons pris, on s'explique d'ailleurs aussi très bien les différentes indications de hauteur que renferment les textes. Le plus explicite de ceux-ci assigne au chapiteau d'abord cinq, et plus loin quatre coudées; des termes mêmes de ces passages il résulte que la première cote s'applique à l'ensemble, et la dernière à la partie de cet ensemble qui fait particulièrement songer à une fleur. Il y a donc, au-dessus ou au-dessous du chapiteau, un membre secondaire, d'une coudée de haut. Au-dessous, ce ne pourrait guère être qu'un tore, employé comme transition entre le fût et le chapiteau; mais, étant donnée la forme que celui-ci a reçue dans notre restitution, ce mode de liaison devenait inutile, et il convenait plutôt de chercher un motif qui terminât d'une manière heureuse la colonne. Ce motif, nous croyons l'avoir trouvé dans l'espèce de fleuron ou de bouton hémisphérique qui se superpose au chapiteau ; le tour de ce bouton est orné de ces pétales de lotus dont les décorateurs phéniciens ont fait un si fréquent usage. Il a une coudée de haut; il y en a quatre entre son bord inférieur et la naissance du chapiteau, ce qui répond à la donnée du livre des Bois; quant à la fleur, elle a trois coudées, ce qui concorde avec les chiffres donnés par les Chroniques.