‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 200 sur 440 · Les bassins mobiles, restitution de Mangeant · texte numérisé non relu

Les bassins mobiles, restitution de Mangeant

seau. Le texte est assez vague pour que Ton puisse en tirer le thème de plusieurs restitutions sensiblement différentes. Celle que nous proposons a deux avantages : mieux qu'aucune autre, elle permet de comprendre comment on mettait ces machines en mouvement; elle a aussi ce mérite de se prêter tout particulièrement à recevoir une riche décoration : elle offre des surfaces qui permettent de trouver place pour tous les ornements dont le chroniqueur fait mention.

Aucun des archéologues qui ont entrepris de restituer cet appareil ne paraît s'être préoccupé de savoir comment s'exerçait la poussée qui

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devait lui donner le branle. Tous ont l'air de croire que, pour agir sur les roues, le serviteur appuyait sur les montants de la caisse. En s'y prenant ainsi, il n'aurait pas été à main : il aurait mal dirigé la marche du train; celui-ci devait être assez lourd, quand le vase était plein. De plus, ces contacts, à force de se répéter, n'auraient pas manqué d'user le bronze ; ils auraient fini par effacer les ornements délicats dont étaient couvertes ces parois. Nous avons supposé des bras, d'épaisses barres de métal, très résistantes, que des ferrures maintenues par de forts rivets attachent au couvercle de la caisse rectangulaire et au corps du vase cylindrique. Nous attribuons ainsi à ces tiges une forme coudée qui répond bien au sens propre du mot que les traducteurs ont rendu par montants; le terme hébreu veut dire, littéralement, épaules. La partie inférieure et verticale de ces bras est détachée de la caisse ; elle s'en tient à une certaine distance; les hommes de manœuvre ont ainsi toute facilité soit pour tirer, soit pour pousser, suivant.la direction du mouvement qu'ils veulent imprimer à l'appareil. En même temps, quelque force qu'ils déploient, ils ne risquent pas de gâter par le frottement les ciselures qui décorent les panneaux de la caisse d'airain.

L'ornementation dont nous avons assuré ainsi la durée et l'intégrité se compose de motifs que nous avons déjà rencontrés soit dans d'autres ouvrages orientaux, soit dans le temple même. Ce sont des « lions et des bœufs », c'est-à-dire des lions qui poursuivent ou qui terrassent des bœufs, thème cher à l'artiste phénicien1 ; ce sont ces keroûbs que nous avons cherché à nous représenter à propos de la décoration du temple; quant à ce que l'on traduit par guirlandes et par festofis. nous avons entendu par là les deux rangées de grosses perles ou de fruits ronds que nous avons disposées sur le rebord et autour du col du bassin, puis la bande omée de dents de loup qui règne au bas de ce col, à l'endroit où il s'engage dans le couvercle de la caisse. Les palmes indiquées par le texte sont appliquées, à intervalles réguliers, sur la périphérie du cylindre, et elles y introduisent ainsi cette division en panneaux qui est spécifiée pour la caisse. Le seul détail que nous ayons pris sur nous d'ajouter, ce sont ces bouquets de papyrus que nous avons placés entre les keroûbs ; ils ont paru très propres à remplir les espaces étroits et hauts que laissait libres, sur chaque face, la division que nous avions adoptée. Tous ces motifs ont d'ailleurs été esquissés,

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