‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 228 sur 440 · Ibidem, t. Hï, pp. 147 et · texte numérisé non relu

Ibidem, t. Hï, pp. 147 et

la dérober ainsi, peut-être pour toujours, à la curiosité même la plus éveillée et la plus attentive. Une dalle couchée en travers du trou suffisait à fermer Tunique et étroit passage ; quand le temps l'eut recouverte d'une mince couche de terre végétale et de quelques broussailles, il devint impossible de reconnaître l'endroit, et les explorateurs qui ont interrogé avec le plus de passion le sol de Jérusalem ont pu passer bien des fois au-dessus même de ces caveaux et poser le pied sur l'orifice obstrué du puits sans qu'aucun indice vînt les avertir de s'arrêter et de sonder sur ce point les entrailles de la colline. Tout espoir n'est pourtant pas perdu, tant que l'on n'aura pas entrepris à Ophel un travail analogue à celui que l'on a terminé, au prix de longs efforts, dans l'Acropole d'Athènes; il faudrait enlever les décombres, gratter la terre, sur la crête et sur les pentes latérales de la colline, jusqu'à ce que partout la fouille eût atteint le roc et l'eût mis à nu. Si nos conjectures sont fondées, tôt ou tard, au cours de ces recherches, on découvrirait l'accès de la tombe, quel qu'il soit, puits ou corridor. Auraiton chance de retrouver dans ces caveaux quelques restes des trésors qui, suivant la tradition, y auraient été déposés par Salomon et par ses successeurs ? Nous ne le croyons pas ; on devine un conte populaire dans ce que Josèphe rapporte au sujet des trois mille talents d'argent qu'un des Asmonéens, Hyrcan, aurait tirés, dans un besoin pressant, du sépulcre de David, et du riche butin, en bijoux d'or, que cette même tombe aurait encore fourni à Hérode1. Des trésors de ce genre ont-ils jamais été enfouis dans ces sépultures royales? On peut en douter, les livres historiques, ceux mêmes qui cherchent à donner la plus haute idée des richesses de David et de Salomon, ne faisant aucune allusion à un pareil dépôt. Supposons pourtant que tout cet or et cet argent aient été mis dans la tombe de David ; ils n'y seraient certainement pas demeurés jusqu'à la chute de Jérusalem ; les rois de Juda en auraient tiré parti, dans les dures extrémités auxquelles ils ont été si souvent réduits. Plutôt que de dépouiller les portes du temple des plaques d'or dont il les avait revêtues, Ézéchias n'aurait-il pas préféré faire un emprunt au trésor de son illustre aïeul, quand il lui fallut acheter à tout prix la retraite des Assyriens*? Qu'ils continssent ou non des objets précieux, ces tombeaux, dont la place était encore certainement connue au moment de la conquête de la Judée par les Chaldéens, ont dû être

1. Josèphe, Antiquités judaïques, VII, xv, 3; XIII, vui, 4; XVI, vu, 1 ; Guerre des Juifs, I, ii, o.

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