DkSadlcy, Atlas, pi. xliv, fl'g. i et
2. Histoire de l'Art, t. III, pp. 150-155 et fig. 6, 94, 95, 98, 99.
et inférieure de la tombe phénicienne. On s'explique la médiocrité de cette architecture. Sous les rois, du temps où se développait, dans la haute classe, le goût du luxe et de l'ostentation, les prophètes et les prêtres de Iahvé condamnaient sévèrement, comme idolâtriques, tous les rites de ce culte des morts qui, chez les Israélites comme chez tous les peuples de l'antiquité, remontait aux plus anciennes conceptions fétichistes. Us blâmaient, ils interdisaient les repas qu'on faisait sur les tombes et les offrandes qu'on y déposait1; ils dénonçaient comme criminelles les pratiques de ces nécromanciens qui prétendaient évoquer les mânes pour les consulter sur l'avenir. Il est possible que cette tendance des chefs spirituels de la nation ait été pour quelque chose dans la médiocrité de l'ancienne tombe juive; ce qui est certain, c'est qu'elle n'a pas l'ampleur, la variété, l'aspect souvent monumental de ses modèles phéniciens. On n'y sent pas, comme dans certains hypogées arvadites et sidoniens, l'influence et l'imitation directe de l'Egypte. Un des traits qui caractérisent l'architecture funéraire de l'Egypte, c'est l'emploi qu'elle a fait du puits pour accéder au caveau, disposition qui lui a été suggérée par la nature du sol, sur ce plateau de Gizeh et de Sakkarah où elle a créé ses premières nécropoles ; or on retrouve le puits dans celles des sépultures du littoral syrien qui paraissent les plus anciennes2. Rien de pareil, que nous sachions, en Judée; c'est de plain-pied, par un couloir très court, que l'on arrive à la chambre où sont creusées les niches, et si celle-ci se trouve au-dessous de l'extérieur, on y descend par une rampe ou par un escalier. Il y a peut-être eu des tombes à puits; en tout cas, on ne les a pas encore retrouvées, et cependant on serait tenté de se demander si ce n'était pas à ce type que se rattachaient les tombeaux de David. On sait à peu près où les chercher et on n'en relève pas la moindre trace. Cette complète disparition de tout vestige d'une aussi importante nécropole, comment se l'expliquer si l'on suppose que cette tombe avait un frontispice évidé dans une large face de rocher, dans une sorte de falaise au milieu de laquelle se serait ouverte une porte semblable à toutes ces portes béantes dont le creux se dessine en noir sur le flanc des ravins, tout autour dé la cité sainte? Rien au contraire de plus facile à comprendre dans l'hypothèse contraire ; si c'est par un puits qu'ont été descendus dans le caveau les cadavres de tant de rois, il a fallu bien peu de chose pour oblitérer, à partir d'un certain moment, l'entrée de la tombe et