‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 232 sur 440 · Histoire de l'Art, t. III, pp · texte numérisé non relu

Histoire de l'Art, t. III, pp

explorateurs ont signalé et relevé de nombreux monuments qui ne peuvent guère être autre chose que les bâmoths, où ont été jadis adorés « Kemos, l'idole des Moabites, etMilkom, l'idole des Ammonites ! ». Ces monuments sonl d'une disposition très simple et d'une exécution très grossière ; ils ont pourtant tenu trop de place dans la vie religieuse des tribus sémitiques de la Syrie pour qu'il n'importe pas d'en donner au moins une idée par une description succincte et par un ou deux exemples choisis entre beaucoup.

L'élément qui constitue tous ces monuments, c'est la pierre brute ou à peine dégrossie, telle que l'homme l'employait avant d'avoir l'outil de métal; tout au plus, avec un marteau fait d'une roche plus dure, tentait-il parfois de rendre les contours du bloc un peu moins irréguliers. Le bronze et le fer changèrent les conditions du travail; mais bien des siècles après que s'en fut répandu l'usage, on s'abstint de s'en servir, soit pour dresser les faces de l'autel, soit pour égorger la victime ; il semblait qu'il y eût une souillure dans l'intervention et le contact de cette matière récemment introduite, de ces instruments nouveaux. La pierre avait au contraire pour elle le prestige d'un long passé, des services rendus dans les âges reculés où s'étaient créés les premiers rites. On trouve chez plusieurs peuples la trace de ce préjugé, qui a dû être général. En Egypte, pour les incisions à faire aux cadavres, les embaumeurs n'employèrent jamais que des couteaux de silex2. Chez les Hébreux, c'est Iahvé qui dit à son peuple : « Si vous voulez me faire un autel de pierres, vous ne le construirez pas en pierres taillées, car en y portant le fer vous le profaneriez3. »

Si, au temps où fut rédigée la Loi, c'était encore une opinion accréditée chez les Israélites, au moins dans certaines parties de la Palestine, que la pierre taillée était moins agréable à Iahvé, moins pure que la pierre brute, à plus forte raison est-ce cette dernière qui figure dans les récits par lesquels, sur différents points du territoire d'Israël, on expliquait la fondation des vieux sanctuaires et la vénération qui

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