II Rois, xxiii
2. Voir à ce sujet, outre Hérodote et Diodore, les observations de Mariette : De l'âge de pierre en Egypte, p. 136 (dans Recueil des travaux relatifs à la philologie et à l 'archéologie égyptiennes et assyriennes , t. VII, 1886).
3. Exode, xx, 25. Cette défense se trouve dans ces chapitres xx à xxni de l'Exode qui sont peut-être la partie la plus ancienne de la loi dite mosaïque. On est assez tenté d'y reconnaître la thora du royaume du nord; dans le verset que nous avons cité comme dans qoelques autres passages, il y aurait une protestation indirecte contre le temple de Jérusalem, contre les nouveautés dont Salomon avait donné l'exemple. La même prescription se retrouve d'ailleurs dans le Deutéronome, xxvn, 5 et 6.
les entourait1. La pierre sacrée qui, à Béthel, recevait les hommages de la tribu de Benjamin n'était pas autre chose qu'un gros caillou, celui, raconte la Genèse, que Jacob avait posé sous sa tête, pour lui servir de chevet, le soir de cette nuit où l'Éternel lui apparut en songe et lui promit, pour sa postérité, la possession de cette terre sur laquelle il s'était endormi2. A Guilgal, près de Jéricho, il y avait un groupe de douze pierres levées qui paraît avoir été, lui aussi, un centre religieux, où se célébrait un culte très antique et très populaire. Or, d'après la tradition, les pierres que l'on montrait à Guilgal avaient été ramassées par les Hébreux, sur l'ordre de leur chef, dans le lit du Jourdain3. Pour que cette légende ait pu paraître vraisemblable, il fallait que, dans les blocs qui composaient le monument, on reconnût à première vue d'énormes galets, du genre de ces quartiers de basalte ou de porphyre que l'Hermon et les autres affluents de la rive gauche arrachent aux flancs des montagnes de Moab et que polit le torrent qui les entraîne et qui les roule dans les grandes crues d'hiver*
Si, bien après que le temple avait été bâti sur le Moria en belles pierres appareillées avec le plus grand soin, la pierre brute était encore ainsi en honneur, à quelques lieues de Jérusalem, dans ce que l'on peut appeler les sanctuaires de la campagne, dans ceux qui représentaient le mieux la vraie tradition nationale, à plus forte raison demeurat-elle seule affectée aux constructions religieuses chez les tribus, apparentées de si près aux Israélites, qui habitaient à l'orient du Jourdain. Sur plusieurs points des pays d'Ammon et de Moab, on rencontre des monuments dans lesquels la pierre n'est pas travaillée ou ne l'a été que d'une manière très sommaire et très imparfaite. Un certain nombre doivent être des tombeaux ; on en devine à certains traits la destination funéraire, et nous en avons donné un échantillon (fig. 177); mais ailleurs il n'y a rien qui ressemble à un caveau et la pierre est plantée sur la roche vive, en sorte que l'on ne voit pas où le corps aurait pu être déposé. •
Là où il en est ainsi, le doute n'est guère possible; on ne saurait donc refuser un caractère tout religieux à beaucoup, à la plupart peutêtre des monuments mégalithiques de cette région, tant ils répondent bien à l'idée que l'on est fondé à se faire, d'après les textes bibliques,
i. On consultera avec fruit, sur ce sujet, un intéressant article de M. Maurice Vernes, intitulé : Les plus anciens sanctuaires des Israélites (Revue de l histoire des religions, t. III, 1882, pp. 22-48).