Ibidem, pp
TOMB iv. 48
LA JUDEE.
écoulement facile l (fig. 200). Nulle part on ne saisit mieux cette intention que dans le grand dolmen d'Amman. La table de pierre qui le surmonte a 3m,95 de long sur 3m,35 de large; elle présente une pente très marquée, et du bord supérieur part tout un lacis de canaux qui convergent vers un réservoir creusé à peu près au milieu de la dalle ; ce trou a 30 centimètres de profondeur2. Ce travail, on ne saurait en douter, a été fait en vue du rite de la libation, rite que paraissent rappeler les noms que les habitants du pays donnent aujourd'hui à certains de ces monuments : ainsi l'appellation El Mareighât, qui désigne un des sites les plus riches en mégalithes, signifie : les (pierres) enduites, frottées
d'un liquide épais, tel que le sang ou l'huile ; et un beau dolmen de la haute Galilée est connu sous le titre de Hajr ed dumm, la pierre de sang 3 . La Genèse nous montre Jacob , lorsqu'il dresse le caillou de Béthel, répandant de l'huile sur le haut de la pierre 4. Dans plusieurs des menhirs de la Pérée on a signalé des godets, creusés soit sur le sommet du bloc, soit sur une de ses faces; ces creux étaient destinés à retenir une partie du liquide avec lequel se faisait l'onction, ^prolonger ainsi la durée et l'effet de l'acte religieux5.
La contrée presque déserte qui borde la rive gauche du Jourdain nous a donc conservé, sur ses hauts plateaux, le type élémentaire et primitif du haut lieu chananéen, tel que le trouvèrent et l'adoptèrent