Josué, xi, iO
d'où s'élance la plante sacrée dans les bas-reliefs assyriens; il fait songer aussi à cette espèce de fleur qui surmonte parfois la tiare des génies *. Cet art, tout d'imitation, resta d'ailleurs très rude, très grossier; ce fut seulement avec les Séleucides et surtout avec les Romains que les districts reculés connurent le luxe d'un art somptueux et savant. La Judée et la Samarie étaient moins éloignées de ces cités phéniciennes qui étaient les foyers d'une civilisation raffinée; mais là aussi, dans l'habitation comme dans le sanctuaire, le souci de l'élégance et la recherche de la beauté ne se firent sentir, chez les Hébreux, que le jour où leurs rois devinrent les alliés des rois de Tyr et même, dans un certain sens , leurs clients. Rien n'indique que la demeure de Saul, à Guibea, village de la tribu de Benjamin, ait différé sensiblement des maisons de ses sujets*.
David, le premier, quand il eut une capitale, décida d'y bâtir un palais. On ne connaît ni le plan ni les dimensions de cet édifice; on devine pourtant, au peu qu'en dit l'histoire, que l'entreprise parut digne d'un roi qui avait porté si haut la puissance d'Israël 3; tout y était nouveau, les matériaux employés comme le choix des ouvriers auxquels fut confié le soin de les mettre en œuvre; ceux-ci avaient été envoyés par Hiram, et ils bâtirent en pierre appareillée les murs de la maison royale; quant à la charpente, aux planchers et aux plafonds, ils les firent en poutres et en planches de bois de cèdre, qui venaient des forêts du Liban.
Toute supérieure qu'elle fût à ce qui l'avait précédé, la demeure que David avait habitée ne parut déjà plus suffisante à Salomon ; gendre d'un Pharaon, il voulut que la princesse égyptienne habitât une
i . Histoire de l'Art, t. Il, V\g. 8 et fis. 29.