‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 271 sur 440 · Jérémie, vu, 18 et surtout xliv · texte numérisé non relu

Jérémie, vu, 18 et surtout xliv

4. I Rois, xi, 7; H Rois, xxm, 10; Jérémie, xxiii, 35; Lévitique, xvm, 21 ; II Chroniques, xxviii, 3; Ézéchiel, xxm, 37, 39. Les principaux textes qui ont trait à ces cultes ont été recueillis avec soin dans une thèse présentée à la Faculté de théologie protestante de Paris, par M. Gédéon Jaulmes, en 4885, sous ce titre : V Idolâtrie dans le royaume de Juda depuis la réforme d'Ézéchias (in-8°, 70 pages).

ques, vrais pénates de la tente ou de la maison. Dans la tente, ils étaient suspendus contre la paroi de feutre qui tremblait au vent, et le nomade les chargeait sur ses ânes quand il changeait de pâturage; mais dans la maison du laboureur ils devaient avoir leur niche ou leur édicule, plus ou moins spacieux, plus ou moins orné, suivant que leur propriétaire était plus ou moins riche.

L'antiquité judaïque a été tellement réduite en miettes et en poudre qu'il serait vain d'espérer trouver un jour ou l'autre des monuments où l'on pût reconnaître ces téraphim; mais plusieurs textes permettent de s'en faire quelque idée. Certaines de ces idoles étaient de très petite dimension : c'était surtout le cas de celles que possédaient les pasteurs tels qu'Abraham et Jacob. On en a la preuve dans un passage de la Genèse. Lorsque Jacob était parti furtivement avec ses deux femmes de chez Laban, Rachel avait dérobé les idoles de son père. Celui-ci court après les fugitifs; quand il les a rejoints, il leur reproche ce départ clandestin et le vol des téraphim. Jacob se disculpe; il autorise Laban à fouiller dans ses bagages ; mais Laban ne trouva pas ce qu'il cherchait. Rachel avait pris les idoles, et, les ayant mises dans le bât d'un chameau, elle s'était assise dessus; elle prétexte une indisposition pour ne pas se lever devant son père '. Un autre récit, d'une époque postérieure, permet de croire que, dans la vie sédentaire des villes et chez les familles aisées, on avait des téraphim de la taille d'un homme. Saùl poursuivait son gendre David et voulait le tuer. Mical, femme de David, lui apprit les projets de son père « et lui dit : « Si tu ne te sauves pas cette nuit, « demain tu es mort. » Elle le fit descendre par la fenêtre, et David s'en alla et s'enfuit. C'est ainsi qu'il échappa. Ensuite Mical prit le téraphim, qu'elle plaça dans le lit; elle mit une peau de chèvre à son chevet, et elle l'enveloppa d'une couverture. Lorsque Saul envoya des gens pour prendre David, elle dit : « Il est malade. » Saûl les renvoya pour qu'ils le vissent, et il dit : « Apportez-le-moi dans son lit, afin que je le fasse « mourir. » Ces gens revinrent, et voici, le téraphim était dans le lit, et la peau de chèvre à son chevet 2. » Il fallait, pour le succès de cette comédie, que l'idole fût un simulacre ayant une tête humaine ; il fallait que la figure fût assez grande pour que les envoyés de Saul, en jetant les yeux dans la chambre par la porte entr'ouverte, pussent s'y tromper et croire à la présence de celui qui déjà leur avait échappé.

De quelle matière étaient faites ces idoles? Il semble que l'on ne

\. Genèse, xxxi, 20, 30-35.

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