‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 274 sur 440 · tome iv · texte numérisé non relu

tome iv

LA JUDEE.

Mica, dont la mère remet deux cents sicles d'argent à un fondeur qui en fit une figure coulée, que Mica plaça dans sa maison1.

Enfin, pour les téraphim communs et à bon marché, on dut employer aussi l'argile, dont la Phénicie faisait un si grand usage. On serait tenté de voir une idole juive dans une statuette de terre cuite qui a été trouvée à Gézer, sur la frontière des tribus d'Ephraïm et de Juda (fig. 223 *); elle doit représenter une de ces Aslartés auxquelles les femmes israélites, malgré toutes les objurgations des prophètes, étaient si dévotes. La figure, appliquée sur un fond, a été estampée au moule; elle est nue, et a les bras croisés sur la poitrine, au-dessous des seins ; la tête est surmontée d'une sorte de tiare tourelée, qui rappelle la coiffure de la déesse figurée sur les monnaies de Sidon. L'ensemble du type rappelle la fabrique phénicienne, et cette statuette pourrait bien provenir d'une des villes deia côte.

Un monument d'origine douteuse, ce n'est pas assez pour que l'on puisse dire si la facture des téraphim juifs avait quelque chose de particulier. En tous cas , les images que façonnaient les artisans israélites devaient être moins soignées, d'une exécution plus grossière que celles qui sortaient des ateliers de Tyr ou de Sidon. Les détails manquent complètement sur la marche qu'a pu suivre la plastique dans l'intérieur de la Palestine, chez ce petit peuple qui, comme tous ses voisins, a si longtemps adoré des images; c'est seulement à l'aide de l'analogie que l'on arrive à des conjectures qui ont quelque vraisemblance. De même qu'en Grèce le xoanon s'est dégagé par degrés du tronc d'arbre équarri, chez les Hébreux c'est de Yachéra, du pieu planté près de l'autel que l'on a tiré la première ébauche d'une statue toute rudimentaire ; on l'a habillé, on y a indiqué grossièrement une tète et les attaches des membres, comme dans certains bétyles phéniciens que représentent les médailles et les stèles votives3. On est tenté de se demander si Xèphod, dont il est question dans plusieurs des plus anciens textes de la Bible, n'était pas un symbole de ce genre, une représenta-

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