Histoire de l'Art, t. III, pp. 14, 16, 192, fig
tion sommaire de la divinité. Le terme a évidemment deux sens; avec ou sans l'addition du mot bad, « lin », il parait désigner, dans certains passages, le surplis des prêtres * ; mais ailleurs il s'applique évidemment à un objet que le prêtre pouvait attacher ou tenir d'une manière quelconque et dont il se servait pour interroger Iahvé* ! Quand Abiathar, de la ville sacerdotale de Nob, échappe au massacre des siens, il se sauva « ayant en main l'éphod3 », comme aujourd'hui, en pareil cas, un prêtre emporterait le Saint Sacrement. Quelle idée peut-on se faire de cet éphod? Était-ce, comme on l'a conjecturé, une petite caisse qui renfermait deux dés, appelés Urim et Tummim 4 ? Si cette supposition est fondée, quelle forme devait avoir cette boîte? Ne pourrait-on se la figurer assez semblable à cet emblème de Tanit, qui, par sa disposition même, par l'espèce d'anse qu'il offre à sa partie supérieure, eût donné un coffret facile à saisir et à manier? Ou bien l'ornement principal de l'éphod était-il le globe ailé, autre symbole si répandu, que l'on retrouve des rives du Nil à celles de l'Euphrate et jusque sur les cachets juifs? A moins de découvertes tout à fait imprévues, il régnera toujours une grande incertitude à ce sujet. Ce qui est certain, c'est que l'éphod était considéré comme un des plus précieux insignes du prêtre, comme l'instrument nécessaire des relations établies entre Iahvé et son peuple. Osée, cherchant les expressions les plus fortes qu'il puisse trouver pour peindre l'abaissement et la ruine qui frapperont les Hébreux en punition de leurs péchés, s'écrie : « Les enfants d'Israël resteront longtemps sans roi ni chef, sans sacrifice ni statue, sans éphod ni téraphim5. »
Le rapprochement que le prophète établit entre l'éphod et le téraphim donne bien à penser que le premier, comme les seconds, avaient plus ou moins le caractère de ces images que devaient proscrire avec tant de vigueur, dès le siècle suivant, les successeurs d'Osée. De quelque manière qu'on se les représente, éphod et téraphim ne devaient pas avoir plus d'élégance et de beauté que les grossières idoles qui ont été recueillies dans les lies de la mer Egée, à Mycènes et à Tirynthe ; mais, tandis que, partie de ces humbles commencements, la statuaire fît en Grèce les progrès que l'on sait, Chananéens et Israélites s'arrê-