‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 277 sur 440 · Osée, Ilf · texte numérisé non relu

Osée, Ilf

tèrent de bonne heure dans cette voie. Les premiers n'eurent pas une civilisation originale ; quant aux seconds, lorsque leur génie s'émancipa et grandit, le tour que prit chez eux la pensée religieuse vint couper court à tout essor de la sculpture. Dès le huitième siècle et peut-être avant, les prophètes commencent à prêcher avec passion contre toutes ces idoles qui risquent de faire oublier à leurs compatriotes le grand dieu national, et pour qu'Israël ne puisse pas confondre son maître el seigneur avec tous les Baals syriens qui lui font concurrence, ils condamnent comme une impiété, comme un crime, tout essai de prêter à lahvé une forme sensible. Dans son emportement logique, leur puritanisme aboutit à la défense de faire aucune image taillée ou fondue d'un être vivant, quel qu'il soit, de l'homme ou de l'animal. Sans doute, dans la pratique, cette règle fut sans cesse violée; elle contrariait des habitudes déjà trop enracinées ; elle était en quelque sorte contre nature et les exemples que les Hébreux recevaient de tous leurs voisins contribuaient encore à les détourner d'obéir docilement à ce précepte. Jusqu'aux jours de l'exil et même longtemps après, on continua donc de façonner des téraphim de bois, de métal et d'argile; mais les rois pieux proscrivirent et brisèrent les images qu'avaient dressées leurs prédécesseurs, et sous unEzéchias ou un Josias les artisans qui vivaient de ce métier ne travaillaient plus qu'en cachette, comme des malfaiteurs. Voici comment Jérémie parle des sculpteurs, de ces artistes pour qui la Grèce n'aura jamais assez de couronnes et assez de gloire : « L'art des hommes les a rendus tous insensés ; les statues sont devenues la confusion de ceux qui les ont faites, parce que leur ouvrage n'est qu'un mensonge et une matière qui n'a point de vie1. » Un art ainsi découragé, ainsi tenu en suspicion par les conducteurs spirituels du peuple, par les plus nobles représentants de son génie, ne devait pas se développer; Israël n'a pas eu, ne pouvait pas avoir de statuaire.

-' §5. — LA GLYPTIQUE

Là où la sculpture reste dans l'enfance, on ne saurait beaucoup attendre de la glyptique, dont le rôle se borne à réduire et à faire entrer dans le cadre étroit de ses menus ouvrages les types que la sculpture a créés. Le cachet n'en était pas moins un article de première nécessité

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