‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 309 sur 440 · S 2. — LES DÉCOUVERTES RÉCENTES DANS LA SYRIE SEPTENTRIONALE · texte numérisé non relu

S 2. — LES DÉCOUVERTES RÉCENTES DANS LA SYRIE SEPTENTRIONALE

En 1812, le célèbre voyageur Burckhardt, au moment où il apprenait l'arabe en Syrie pour se préparer à visiter la Mecque sous le costume du pèlerin musulman, passa par la ville de Hamath sur l'Oronte, que Ton appelle aujourd'hui Hamah; il y vit, il signale une pierre encastrée à l'angle d'une maison, dans l'un des bazars, et couverte de figures et de signes divers ; dans ces images il reconnut des hiéroglyphes, mais des hiéroglyphes différents de ceux de l'Egypte1. La relation de Burckhardt fut lue de quiconque s'intéressait à la Syrie et voulait en connaître soit l'ancienne histoire, soit l'état actuel. Les voyageurs qui parcoururent après lui ce pays rendirent hommage à leur devancier, à ses dons d'attentif et sagace observateur, à sa parfaite véracité; personne cependant, parmi ceux mêmes qui prétendirent entreprendre l'exploration méthodique de cette contrée, ne fit attention à ce passage et n'essaya de retrouver le monument. Il y a quelques années, on lisait encore dans les meilleurs Guides qu'il n'y avait pas d'antiquités à Hamath2.

Ce fut seulement en 1870 que, passant par Hamath, deux Américains, M. J. Augustus Johnson, alors consul général des États-Unis à Damas, et un missionnaire protestant, M. S. Jessup, entendirent parler dans cette ville, non seulement de la pierre qu'avait aperçue Burckhardt, mais encore de plusieurs autres inscriptions du même genre. Ils tentèrent d'en prendre des estampages, mais ils ne purent y réussir. Nulle part les mahométans ne sont plus fanatiques et plus bornés que dans cette partie de la Syrie; la foule s'amassa, menaçante, autour des étrangers ; elle leur aurait fait un mauvais parti s'ils ne s'étaient décidés à plier bagage et à vider la place. Le consul n'osa pas répéter l'épreuve ; il s'entendit avec un barbouilleur arabe, qu'il appelle, peut-être un peu pompeusement, un veintre indigène, et celui-ci, bien payé, s'appliqua

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