Burckhardt, Travelsin Syria, p
2. Handbook de Murray pour la Syrie, édition de 1868, t. II, p. 588.
de son mieux, une fois la première émotion apaisée, à dessiner des copies de tous ces textes, copies qu'il expédia bientôt à Damas. En 1871, dans le premier numéro du recueil édité par la société qui s'était fondée en Amérique pour l'exploration de la Palestine, M. Johnson publiait un fac-similé de l'une de ces inscriptions1. La copie était très imparfaite ; mais elle excita une vive curiosité ; elle eut cet heureux effet de provoquer d'autres tentatives qui devaient, à bref délai, être enfin couronnées de succès.
Dès l'année suivante, la puissante société anglaise qui est connue sous le nom de Palestine exploration fund envoyait tout exprès à Hamath un des hommes qui connaissaient le mieux ce pays et ses habitants, M. Drake, l'auteur du curieux livre intitulé la Syrie inexplorée*. Drake savait manier les Arabes; à force d'adresse, il réussit à photographier et à estamper le plus important de ces textes; mais le bruit s'en répandit en ville, et, devant l'émeute qui grondait, il dut renoncer à en faire autant pour les autres pierres. Le capitaine Burton, alors consul d'Angleterre à Damas, fit une nouvelle tentative; il réussit à voir tous les monuments et à en relever avec précision la place et les dimensions ; mais il fut obligé de s'en tenir à des calques faits par un chrétien de cette ville et, en les publiant dans la Syrie inexplorée, il avertissait que par endroits la fantaisie du copiste s'était donné libre carrière. Burton avait voulu acheter une des pierres; on lui en avait demandé 2000 francs. Il ne s'était pas décidé; quelque temps après, à de nouvelles offres les propriétaires répondaient en annonçant des prétentions encore plus exagérées. La spéculation s'en mêlait; des brocanteurs levantins se portaient acquéreurs, avec l'idée de revendre ensuite aux musées de l'Europe. On pouvait craindre que les convoitises ainsi éveillées et surexcitées ne fussent fatales à ces monuments que les siècles avaient épargnés. Ne venait-on pas de voir, à l'autre bout de la Syrie, les Arabes du pays de Moab briser, en se la disputant, la fameuse stèle de Mésa? Peut-être encore quelques violents prendraientils le parti de marteler ces pierres maudites, de les réduire en poussière ; ne serait-ce pas le meilleur moyen de désappointer les Frenghis, ces infidèles que Dieu confonde? C'est ce qui est arrivé à Alep; en 1872, Drake et Smith y avaient copié une belle inscription du même type, gravée sur une dalle de basalte; l'année suivante, au moment où Ton
\ . First quarterly statement of the Ameiican Palestine exploration Society. 2. Unexplored Syria, by Richard F. Burton and Charles F. Tyrwhitt Drake, 2 vol. in-8°, Londres, 1872.