Nombres, xm
5. Josué, îx, i; xi, i. Dans les traditions qui ont trait au début de la période obscure et confuse qui précède rétablissement de la royauté sous les premiers juges, les Hétéens sont encore mentionnés parmi les peuples cbananéens au milieu desquels vivent les Israélites (Juges, m, 5).
L'HISTOIRE DBS HÉTÉENS. 501
Il y a donc eu certainement des tribus hétéennes dans les monts d'Éphraïm et de Juda, où elles touchaient ainsi aux frontières de l'Egypte. Ce qui dut commencer à les refouler vers le nord , ce fut la pression de la conquête égyptienne sous les grands pharaons thébains; puis, lorsque les derniers Ramessides se furent renfermés dans la vallée du Nil, les Hébreux franchirent les gués du Jourdain, et, tantôt par les armes, tantôt par une lente et graduelle infiltration, ils s'établirent de plus en plus solidement entre ce fleuve et la côte que se partageaient les Philistins et les Phéniciens. Sous David et sous son successeur, ils étaient enfin devenus les maîtres incontestés de toute cette région ; ils avaient achevé de se subordonner ceux des groupes de l'ancienne population qu'ils ne s'étaient pas assimilés ; aussi la dernière mention de ces Hétéens méridionaux se rencontre-t-elle à propos des hommes de corvée que Salomon lève, en vue des travaux du temple, « sur tout le peuple qui était resté des Amorrhéens, des Hétéens, des Phéréziens, des Héviens et des Jébuséens, ne faisant point partie des enfants d'Israël, leurs descendants qui étaient restés après eux dans le pays et que les enfants d'Israël n'avaient pu dévouer par interdit1. »
Après ce moment, il n'est plus question, dans les annales hébraïques, d'Hétéens vivant en terre juive; mais, en revanche, on commence à y entrevoir, par instants, sur la frontière septentrionale du nouveau royaume, des Hétéens indépendants, ceux de la vallée de l'Oronte. Ils sont trop loin de la Palestine, dont les sépare la masse de l'Hermon et de l' Anti-Liban, pour avoir à intervenir dans les guerres des souverains qui régnent à Jérusalem et à Samarie; mais, au moment où l'empire juif atteint sa plus grande extension, ils entretiennent pourtant avec lui certaines relations de voisinage, dont toute trace n'a pas disparu. Quelques-uns de ces princes hétéens paraissent avoir prêté hommage à David et avoir été comptés parmi ses vassaux2. Salomon met leurs filles
i. I Rois, ix, 20-21. Il y a bien, chez Ézéchiel, une allusion à ces mômes populations (xvi, 3); le prophète, reprochant à Jérusalem ses infidélités, lui dit : « Par ton origine et ta naissance, tu es du pays de Ghanaan; ton père était un Amorrhéen, et ta mère une Hétéenne. » Tout ce que prouve ce passage, c'est que dans la langue courante, ces noms d' Amorrhéens et d'Hétéens étaient restés synonymes de Chananéens, de païens ; c'étaient de vieux termes qui n'étaient pas encore sortis de l'usage.
2. C'est ce qui parait résulter d'un passage où le texte hébreu (Il Samuel, xxiv, 5-7) donne, à propos du dénombrement ordonné par David, une leçon inintelligible. Il y est question de Joab et des envoyés chargés de cette mission. « Lorsqu'ils eurent passé le Jourdain, ils campèrent à Aroër, à droite de la ville, dans la vallée de Gad, puis à Jazer ; ils allèrent ensuite à Galaad et dans la terre des Tahtim Hodsi, etc. » Personne n'a pu dire ce qu'étaient ces Tahtim Hodsi. Certains manuscrits des Septante, comme l'a remarqué l'abbé Vi gourou x, permettent de corriger, à coup sûr, un texte altéré; on y lit,
dans son harem avec celles des chefs de Moab, d'Ammonetderidumée, avec celles des nobles de Sidon1. Il vend les chevaux qu'il tire de l'Egypte à tous les rois des Hétéens et aux rois d'Aram2. Enfin, dans le second livre des Rois, il est raconté que les Syriens, pendant qu'ils assiégeaient la ville de Samarie, sous le règne de Joram, fils d'Achab, s'enfuirent précipitamment, frappés de panique, « parce que le Seigneur fit entendre dans le camp des Syriens un bruit de chars et un bruit de chevaux, le bruit d'une grande armée, et ils se dirent l'un à l'autre: « Voilà que le roi d'Israël a pris à sa solde contre nous les rois des Hétéens et le roi d'Egypte, afin qu'ils marchent contre nous3! »
Il semble résulter de ce récit que la force des armées hétéennes, comme celle des armées de l'Egypte, consistait surtout en chariots de guerre et en chevaux; ceci est tout à fait d'accord avec ce que l'Egypte nous apprend de cette même nation. C'est, en effet, à l'Egypte plutôt qu'à la Judée qu'il convient de demander des renseignements détaillés et précis sur les vrais Hétéens, sur ceux du Nord, que les Juifs n'ont guère aperçus que comme des ombres lointaines, dont la silhouette apparaissait et se dessinait par moments sur le ciel, à l'extrême limite de leur horizon. Jusqu'au jour où ont été connus et traduits les documents égyptiens, les passages de la Bible que nous avons cités avaient fort embarrassé les commentateurs; ceux-ci n'en avaient, en général, pas saisi le sens; surtout ils n'en avaient pas mesuré toute la portée.
C'est avec la dix-huitième dynastie de Manéthon que l'on commence à rencontrer, dans les chroniques murales de l'Egypte, le nom des Khiti. Jusqu'au règne de Ramsès III, ils y reparaîtront sans cesse, d'abord mêlés aux autres tribus du Routen ou de la Syrie, puis, un peu plus tard, figurant au premier plan, comme le plus belliqueux et le plus puissant des peuples qui disputent aux Pharaons la possession de cette contrée. Ils sont parfois désignés sous ce titre : « le vil ennemi de Cadech ». C'est le nom d'une ville dont l'existence même était ignorée avant les travaux de Champollion. Des textes égyptiens et des images qui les accompagnent dans les tableaux de bataille, il résulte clairement que cette forteresse barrait le passage aux envahis-
au sujet des commissaires : xat tjXOov etç TaXaàB xal et; yijv XetxTÙfx Xa&w : « Et ils vinrent à Galaad et à la terre des Hétéens de Gadès. » Il y avait dans l'hébreu non Tahtim, mais Hahitim; le thau et le hé se confondent souvent dans les manuscrits (les Hétéens de la Bible dans la Revue des questions historiques, t. XXXÏ, pp. 58-420). \ . I Rois, xi, 1 .