TOME IV
562 LES HKTEENS.
(Kg. 276); c'est celle que nous retrouverons à peu près partout dans les monuments de la Cappadoce et on croit la reconnaître dans un des signes que répète le plus souvent récriture hétéenne1. La variété la plus curieuse de la coiffure hétéenne est le chapeau que porte le roi de la stèle de Biredjik (lig. 278); on remarquera aussi l'espèce de casquette à visière dont est coiffé Tarkudimme (fig. 262). Quant à la coiffure des femmes, c'est un haut bonnet rond auquel est attaché le voile (fig. 280, 281). Dans un des deux bas-reliefs qui offrent cette particularité, un enfant est assis sur les genoux de sa mère ; on ne saurait donc élever de doutes au sujet du sexe, que ne révèle pas clairement, dans cet art grossier, le caractère de la forme générale et du visage.
Même variété dans le costume. Sur un même bas-relief (fig. 269), certains personnages ont cette tunique courte, arrêtée au genou (fig. 282), qui est d'un usage général en Cappadoce, tandis que d'autres ont le vêtement long, qui tombe jusqu'à la cheville; cette robe à franges est portée par les dieux (fig. 276) et par les rois (fig. 278). Par-dessus la tunique courte (fig. 262) ou la robe (fig. 277) est quelquefois jeté un manteau qui, par sa forme et par sa richesse, rappelle celui de l'Assyrie, et se termine ou en pointe, comme à Ninive (fig. 262), ou par un pan coupé à angle presque droit (fig. 277). Dans la scène de chasse qui est un des moins mauvais ouvrages de ces sculpteurs (fig. 279), les chasseurs, sauf un seul, sont pourvus d'une sorte de cuirasse à écailles qui enveloppe tout le corps. Quant au vêtement féminin, nous en avons moins d'exemples, et nous n'en connaissons pas le dessous; dans les deux ou trois bas-reliefs qui paraissent mettre en scène des femmes, tout ce qu'on en voit, c'est une ample et longue pièce d'étoffe, un manteau brodé sur les bords qui les enveloppe tout entières.
Le seul détail de costume qui se rencontre également dans presque toutes ces figures, qu'elles soient masculines ou féminines, c'est une chaussure dont la pointe se relève avec une légère courbure en arrière, une chaussure qui ressemble à ce soulier à la poulaine que l'on portait en France au quatorzième et au quinzième siècle (fig. 262, 269, 276, 280, 282). On la retrouve encore aujourd'hui usitée en Anatolie, en Syrie et en Egypte, sous forme tantôt de soulier (fig. 284), tantôt de demi-botte (fig. 285). Chez les tribus qui l'employaient dans l'antiquité, ce devait être plutôt une bottine qu'une sorte de pantoufle; c'était la
\. Voir par exemple Wright, pi. i, dans la seconde ligne de la première et de la deuxième pierre de Haraath.